<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291</id><updated>2012-02-15T23:41:26.295-08:00</updated><title type='text'>Chroniques schizo</title><subtitle type='html'>SCHIZOPHRÉNIE : Psychose chronique caractérisée par une dissociation de la personnalité, se manifestant principalement par la perte de contact avec le réel (tant mieux, il pleut), le ralentissement des activités (elle est où la télécommande??!), le refuge dans un monde intérieur imaginaire plus ou moins délirant, à thèmes érotiques (oh ouiii), mégalomanes (oh moi!), mystiques (oh mon dieu), pseudo-scientifiques (oh c’est quoi ça, une éprouvette? Non, un pot de chambre. Ah, zut.)</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>36</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-5912037745102465993</id><published>2007-12-16T08:23:00.001-08:00</published><updated>2007-12-17T01:00:32.829-08:00</updated><title type='text'>Schizo déménage !</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Ouaip !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me casse, je vais &lt;a href="http://folieabaldaquin.over-blog.com/"&gt;làààààààà&lt;/a&gt; !&lt;br /&gt;Les raisons ? euh, ben, j'avais rien à faire ce samedi après-midi. En plus les liens de vos sites ne s'affichent plus quand vous laissez un commentaire si vous êtes chez un autre hébergeur que celui-ci, ce qui m'ennerve comme un poil pubien dans la soupe d'un restaurant qui se la joue.&lt;br /&gt;Ce qui fait déjà deux bonnes raisons.&lt;br /&gt;Et puis je voulais une mise en page qui pète. Funky groovy avec une bannière perso et tout et tout. Vous m'en direz des nouvelles ! (ben quoi, vous allez pas m'abandonner???)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, je ne peux pas vous mentir plus longtemps, évidemment, rien ne s'est passé comme prévu (ben tiens!).&lt;br /&gt;Je suis allée visiter over-blog, je n'y ai pas trouvé ce que je voulais (parce que je suis un peu niaise (tout court, mais surtout en informatique) et que je trouvais ça bien compliqué) et donc j'ai essayé de supprimer le nouveau blog que j'avais créé.&lt;br /&gt;Après 1 heure d'essais infructueux, je me suis dit, que %*§§§&amp;amp;%€ fait chier, tant pis je reste.&lt;br /&gt;Du coup, oubliée la bannière avec des nibards funky*, c'est d'une triste sobriété, m'enfin ici c'était pas l'éclate non plus au niveau de la mise en page donc...&lt;br /&gt;J'y ai remis les trois derniers textes (comme on emporte son lit, son nounours et sa balayette à chiotte (si!) dans son nouvel appart) et très habilement (ouais ben ne riez pas, c'était pas gagné) copié-collé vos commentaires (mais plutôt mal) parce que plus on est de fous, moins on s'ennuie, et puis ça aurait été triste sans vous, et puis je vous z'aime et puis tiens, comme c'est la pendaison de crémaillère, bim, cacahuètes et une nouvelle note !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, vous viendez les copains ? c'est par &lt;a href="http://folieabaldaquin.over-blog.com/"&gt;là&lt;/a&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*je sais qu'il y a un moyen mais j'y arrive pas j'vous dis !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-5912037745102465993?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/5912037745102465993/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=5912037745102465993' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5912037745102465993'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5912037745102465993'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/12/schizo-dmnage_16.html' title='Schizo déménage !'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-1898853705207816892</id><published>2007-12-13T02:15:00.000-08:00</published><updated>2007-12-16T10:48:55.652-08:00</updated><title type='text'>Schizo-Louis</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une noisette lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air qui sentait la nature quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Louis.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il continuait de se consumer, doucement, bientôt il ne resterait que les racines, protégées par leur cercueil de terre compacte. On dit qu’ils ne souffrent pas, les arbres. Qu’ils vivent et qu’ils meurent, que c’est à peu près tout.&lt;br /&gt;La foudre a dû frapper hier, sur le premier venu, seul dans son champ, tranquille gardien de rien, humble sentinelle des herbes, des vaches et de leurs veaux, ses hôtes pleurotes grandissant comme des fleurs sur son tronc, comme des petits pendus aux lourdes mamelles de leur mère. La foudre a frappé mais la pluie n’est pas venue, le ciel ici a juste lâché son anthracite et son feu, et gardé le reste. Passé son chemin comme un gamin qui vient de faire une blague dont il n’est pas très fier et qui a mal tourné. Qu’il ne peut pas réparer. Même que s’excuser ne servirait à rien, mieux vaut filer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai regardé le ciel, puis l’arbre, et le champ et les collines derrière les barrières, les quelques vaches ruminant avec une douceur patiente, comme si c’était juste ça la vie, avaler, quatre estomacs pour bien digérer, et que c’était bien comme ça. Que ne pas le faire n’empêcherait pas demain de venir mais que demain serait plus dur sans alors autant le faire, sagement. Moi certaines choses que j’avale je ne les digère pas, elles rôdent dans mon corps et partout je les sens, elles me rendent fou depuis longtemps. J’ai bien regardé les vaches, l’une a tourné un œil mi-inquiet mi-sage vers moi, s’est figée un instant, une mousse herbeuse à la bouche, comme pour me donner son accord. Derrière moi l’arbre toujours se consumait, et je me demandais en m’accroupissant si je ne devrais pas prendre les pleurotes pour ce soir. Parce que qui sait, j’aurai peut-être enfin faim.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’ai commencé à gratter le sol avec un caillou j’étais tout à fait sûr que c’était l’endroit parfait. J’ai fait un petit trou. J’ai pris dans la poche de mon vieux pantalon le bout de tissu que j’ai étalé par terre près du trou. En l’ouvrant, mes doigts qui le touchaient j’avais l’impression qu’ils pleuraient, et moi j’avais du mal à respirer. J’ai enlevé de mon vieux doigt tâché de terre mon alliance, elle a eu du mal à partir, mes mains sont un peu gonflées. La sienne était sur le bout de tissu. Alors j’ai pris l’une et l’autre et je les ai mises dans le trou. Très vite. J’ai remis la terre, des petits bouts d’herbe et un ver de terre, tout ça dessus leur métal.&lt;br /&gt;Et puis ça a été tout comme un commencement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Ça ne sert à rien que les alliances soient séparées, nos corps le sont déjà.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Mais tu ne peux pas l’enterrer sans. Ça ne se fait pas.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Sûr je peux. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu sais, je l’entends encore rire. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Je sais.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a commencé à pleuvoir, une pluie timide. Comme de petites mains posées légèrement sur mes épaules. Rien ni personne n’a levé la tête de l’herbe alors que je partais. Les petites gouttes m’enrobaient, on aurait dit qu’elles me tenaient chaud. La pluie a duré trois jours, je m'en souviens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça fait bien des années maintenant. Et je ne suis pas revenu dans le champ. J’irai probablement bientôt. Vers la fin. Et je sais bien ce que je trouverai.&lt;br /&gt;Un vieil arbre frappé par la foudre il y a bien longtemps, la tête calcinée et en bas, ça et là de nouvelles branches et de nouvelles feuilles, là où la sève a continué à passer, tandis que le reste du bois s’éteignait.&lt;br /&gt;Tranquille sentinelle, caressant d’ombre un petit veau qui dort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-1898853705207816892?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/1898853705207816892/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=1898853705207816892' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/1898853705207816892'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/1898853705207816892'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/12/schizo-louis.html' title='Schizo-Louis'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-6243071086892967931</id><published>2007-11-27T07:28:00.000-08:00</published><updated>2007-11-27T20:49:21.112-08:00</updated><title type='text'>Schizo-Fernand</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify; color: rgb(0, 0, 102);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une clémentine lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air fataliste quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Fernand.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes yeux avaient perdu dix kilos. Dix kilos ou plus. De rêve. Assis comme on tremble, les yeux sur le gouffre et les mains bien accrochées sur ma falaise, mais juste au bord de cette putain de rivière qui clapote comme les œillades d’une vieille pute qu’on ne regarde même plus. Une rivière c’est comme une pute : ses clin d’œil de reflets c’est que son boulot ça ne veut rien dire elle fait les mêmes à tout le monde, la rivière. Y’a pas plus de tziganes qui dansent sous la lune de ses clapots que d’amour sous les jupes qui se traînent dans un tripot dégueu. Les rêveurs sont des amateurs. Quelque chose sans doute s’était bien cassé dans mes yeux, que je ne me préparais pas à réparer.&lt;br /&gt;J’étais comme à milles miles de toutes les terres habitées, et le dégoût m’a pris quand j’ai entendu cette petite voix familière qui disait : «Dessine-moi un mouton.»&lt;br /&gt;- Je n’en vois pas l’intérêt. Tu devrais t’en aller.&lt;br /&gt;- Il faut un intérêt ?&lt;br /&gt;J’ai soupiré. La tête qui bute sur les étoiles sales sans même le mal de crâne et les yeux dans rien qui puisse les accrocher même pas un crochet de boucher ni même un cul de femme.&lt;br /&gt;- J’ai passé l’âge.&lt;br /&gt;- C’est lequel, le bon âge ?&lt;br /&gt;Il se grattait la tignasse comme on gratouille un chien mais sans la queue qui bat l’air de plaisir et sans les couilles qui vibrent et c'est drôle et sans rien.&lt;br /&gt;- Celui des envies, j’ai répondu.&lt;br /&gt;Puis j’ai tourné la tête et me suis recroquevillé avec fatigue sur mes jambes sales, collées sous mon menton, mes bras autour d’elles, elles sentaient comme mon âme, une odeur âpre et tenace et la rivière n’avait pas plus de reflets qu’avant ou alors si, pour ceux qui croient aux mensonges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien après le petit prince était toujours là, attentif comme dans l’attente, les yeux fixés sur ce que je ne voyais pas. Il me dit :&lt;br /&gt;- Regarde il y a un renard ! puis après : Tu ne le vois pas ?&lt;br /&gt;En me remettant le bas du pantalon je l’ai fixé, mes yeux tout noirs dans les siens tout fragiles :&lt;br /&gt;- Regarde mes yeux. Regarde-les bien.&lt;br /&gt;- Je ne vois rien.&lt;br /&gt;- Pourtant ils sont bien là.&lt;br /&gt;Il baissa la tête.&lt;br /&gt;- Tu vois, tu as compris, p’tit.&lt;br /&gt;Sans baisser la tête je grattais mon genou. Y’a des croûtes sous la toile c’est sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle s’agite la rivière, dit-il.&lt;br /&gt;- N’y prête pas attention.&lt;br /&gt;- Si, on dirait qu’elle s’en va.&lt;br /&gt;- Si quelque chose doit partir crois-moi ce n’est pas la rivière.&lt;br /&gt;- Je ne vois pas pourquoi tout devrait être prévisible.&lt;br /&gt;J’ai fait un effort et plissé mes yeux.&lt;br /&gt;- Tu as peut-être raison. Il semblerait bien qu’elle se tire…&lt;br /&gt;Il a rallumé son mégot comme on dit je te l’avais bien dit. Sans plus. Parce qu’il ne sert pas tant que ça de convaincre.&lt;br /&gt;Elle s’est bel et bien retirée cette chienne d’eau, elle et ses reflets de rien sauf de linceul de morgue froide, ses vaguelettes frissonnantes et ses soubresauts givrés, ses petites branches d’arbre dans elle où même les p’tits oiseaux ne sont plus glacés dessus, leurs petites plumes stalactites, leur petite peau grise en frissons, ils sont partis à temps ou pas, ou ils sont juste noyés congelés sur leurs bouts de bois qui ont craqué de froid et sont juste tombés là, dans l’eau.&lt;br /&gt;- Tu vois bien qu’elle est partie.&lt;br /&gt;Son mégot s’éteint, au petit prince, et il le prend entre le pouce et l’index ; il le jette et il tombe sur la terre. Qui craque de soleil. Du soleil dans les craquelures, sûr qu’il va plus loin et qu’il réchauffe jusqu’à des kilomètres dessous, il nous plombe le soleil. Il faut mettre un chapeau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu les vois ?&lt;br /&gt;- Sûr. Qu’est-ce que c’est beau.&lt;br /&gt;- Qu’est ce qui t’a fait changé d’avis ? m’a demandé le petit prince.&lt;br /&gt;- Sur quoi ?&lt;br /&gt;- Sur les moutons ?&lt;br /&gt;- J’crois pas que j’ai changé d’avis. On dirait que c’est plutôt eux.&lt;br /&gt;Et sur les chevaux qui jaillissaient de la terre sous nous et nous soulevaient on pouvait embrasser la vallée blanche de laine, des milliers de moutons et d’agneaux bêlant. Et la terre n’était plus craquelée. Et la terre était verte. De la bonne herbe comme on se roulerait bien dedans. Grasse avec des fleurs. Y’avait même plus besoin d’en dessiner un, de mouton, y’en avait des dizaines qui nous caressaient les cuisses et sous nos pantalons rêches on sentait leur laine douce et chaude et de l’autre côté sur nos mollets y’avait les flancs de nos chevaux qui respiraient, brûlants. Et avec le petit prince on riait bien. Je lui disais « je n’aurais même pas su t’en dessiner un, de mouton », « maintenant ce n’est plus la peine » répondait-il en caressant les oreilles de son cheval, à la base, là où c’est tout doux, «y’en a plein. »&lt;br /&gt;Et on a même vu un renard.&lt;br /&gt;Il s’est approché comme une danseuse hésitante, le museau à droite puis à gauche. C’était une renarde. Et puis soudain derrière elle ses petits, des petites boules fauves qui jouaient dans les pattes de nos chevaux. On aurait dit que c’était nos rires qui faisaient flotter nos cheveux tellement on était heureux.&lt;br /&gt;Plus tard, bien plus tard, le vent s’est levé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La vie n’est pas juste, m’a dit le petit prince.&lt;br /&gt;- Je ne crois pas que ce soit son boulot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il fait froid, m’a dit le petit prince.&lt;br /&gt;- C’est pas grave, on est deux.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- Ç&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;a ne changera rien, répondit-il comme on s’endort, la voix pâteuse.&lt;br /&gt;- Ça a déjà tout changé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s’est serré fort et la bouteille a roulé par terre, vide et gelée.&lt;br /&gt;Gelée comme nous.&lt;br /&gt;Et la rivière est revenue. Et avant que je ferme les yeux, ses reflets d’argent sous la lune m’ont adressé un dernier clin d’œil. Je me suis émerveillé comme quand j’étais enfant.&lt;br /&gt;Et cette nuit là sous le vent froid la rivière froide cette vieille pute m’a dit au revoir comme à demain et cette nuit là j'ai fait semblant de la croire.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-6243071086892967931?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/6243071086892967931/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=6243071086892967931' title='17 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6243071086892967931'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6243071086892967931'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/11/schizo-fernand.html' title='Schizo-Fernand'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>17</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-9166020406476401636</id><published>2007-11-26T02:29:00.000-08:00</published><updated>2007-11-26T07:44:37.729-08:00</updated><title type='text'>Schizo-j'ai pas été là depuis longtemps je m'essplique</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;C’est la faute de Cormac McCarthy et surtout de sa putain de Trilogie des Confins.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ça a été la même après cet enculé de Column McCann.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et la même après ce connard de Chuck Palahniuk.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais là c’est pire. Cormac McCarthy c’est pire.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt; L’orgasme de le lire a surpassé, piétiné, noyé dans du caca le plaisir que j’avais à mettre des mots les uns à côté des autres pour faire des phrases. Comme après une grande histoire d’amour, le reste devient insipide, et on n’a plus envie de rien faire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Enculé.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;(Je ne désespère pas de revenir dans les jours prochains, des Picsou Magazine et autres Marc Levy (ouh c’est pas gentil) ayant calmé mes émotions.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La vie peut donc reprendre son cours normal. À très bientôt.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Salaud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : sinon j'ai été un peu balade aussi, non non, ça va bieux, berci beaucoup, et puis totally surbookée, bref, tout tout plein d'excuses. (d'ailleurs, si je ne fais plus trop mes devoirs bloguesques, c'est aussi la faute de &lt;a href="http://vergson.canalblog.com/"&gt;STV&lt;/a&gt; qui aimerait bien que j'écrive des trucs plus gais alors que je ne sais pas faire. STV tu m'emmerdes.)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-9166020406476401636?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/9166020406476401636/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=9166020406476401636' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/9166020406476401636'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/9166020406476401636'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/11/schizo-jai-pas-t-l-depuis-longtemps-je.html' title='Schizo-j&apos;ai pas été là depuis longtemps je m&apos;essplique'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-5465817538377743778</id><published>2007-10-30T16:09:00.000-07:00</published><updated>2007-10-30T16:29:32.486-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Madeleine</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;Je m’apprêtais à ouvrir la gazette normande lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air perdu quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Madeleine.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai vu le vent. En tendant la main je le voyais. Il était gris, il était bleu, il était lourd et marin et chargé de marée basse, de gamines qui vont aux crevettes, de parents qui trouvent que le temps pue lui et son crachin mais oh regarde, une crevette, nan deux. Un de ces vents traîtres qui nous enlacent comme des amants avant de nous quitter comme des lâches. À la tu crois que je t’aime là sur la plage avec la mer au fond et partout mais je te serre parce que je te quitte tu vas morfler tu vas gémir tu vas mourir et y’aura que moi tout autour de toi personne ne t’entendra. Partout, ici, et là, tout loin au phare, tout près au ponton, enrobant et en tourbillons sur la digue, oppressant et en bourrasques sur le sable, ce sale vent. Normand, un vent de fin de saison avec des relents de vagues qui pourrissent vite. Et sentent mauvais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai vu les goélands. Des ailes comme de grandes chauve-souris mais blanches ou gris clair comme au paradis. Et des mouettes parmi eux, criiiin criiiin ça a fait vibrer mes tympans et le reste mais je ne sens pas grand chose ou alors trop et comme je ne sais pas je regarde. Et tous les goélands et les mouettes et peut-être un cormoran égaré tous ils tombent sur terre comme s’ils avaient été mitraillés ; ils s’abattent. Le sable mouillé ne se soulève même pas y’a que mon coeur qui a des hauts puis des bas et probablement à la fin plus de hauts et dans le ciel il n’y a bientôt plus que des cerfs-volants mais plus d’oiseaux ils sont tous descendus ils sont tous là ils sont sur le sable en amas et c’est devant moi et puis soudain les enfants ramènent leurs cerfs-volants et leurs rires chez eux et le soir s’abat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec la nuit qui tombe les goélands s’envolent on dirait qu’ils ont peur ça fait des froufrous de plumes et les taches rouges sur leurs becs vibrent alors que le soleil lui ce soir manque de rouge : un peu pâle, ses reflets sur l’eau qui l’attend sont jaune pisseux ça ressemble à du sale mais quand même il va bien finir par se jeter dedans. Et les oiseaux qui s’éloignent lèvent le rideau sur les algues qui sentent la mer perdue.&lt;br /&gt;Les algues envahissent tout : elles sont vertes et brunes et noires dans le bleu qui tombe laissant place à la nuit et elles s’enlacent pour ne pas se perdre jusqu’à la prochaine marée mais la marée s’en fout et elles sont déjà presque ailleurs les algues, bonnes à rien, qu’à rester et à compter les heures. Elles s’emberlificottent, elles se tourbillonottent les unes dans les autres et leurs reflets huileux sous la lune qui se lève seront bientôt secs comme des yeux de vieux qui n’attendent plus grand chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et alors j’ai vu les bernards l’hermitte. ‘Sont arrivés. Et leur petite armée de pattes. Crac crac sur le sable ça a fait. Crac crac sous les algues qui pourrissent. Une autre marée sur terre en attendant la mer. Scrounch scrounch et puis ploc ploc le choc de leurs coquilles. Ils sortent sous la lune ils s’entassent ils viennent bouffer faut bien. Et je suis restée là, attendant qu’ils terminent, et qu’ils rentrent et que la lune aussi s’en aille et que la marée revienne et qu’avec ses caresses elle reprenne ce qui reste, ce que la vie a laissé, les lambeaux que les goélands n’ont pas réussi à arracher, les chairs que les algues n’ont pas réussi à putréfier, les miettes que les bernards l’hermitte repus et pressés ont abandonnées. Tout ça la mer et ce qu’il y a dedans va s’en charger. Jusqu’à demain. Puis elle va s’en aller. Puis repartir et revenir jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.&lt;br /&gt;Plus rien de mon bébé. Sur la plage même plus de petits bras de petites mains potelées sur des châteaux de sable, le sable il va juste et il vient et recouvre et découvre mais bientôt il ne restera plus rien. Et ce petit rien sera perdu sous les algues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est mon nourrisson. Et puis les gens peuvent pas comprendre. Et puis les cerfs volants reviendront demain. Et les goélands et les algues et le vent et les bernards l’hermitte, s’il reste quelquechose.&lt;br /&gt;Et je l’ai revu là ce soir, par hasard, bizarrement, avec ses petits plombs dans sa couche. Sur la plage.&lt;br /&gt;On dirait que je n’avais pas été assez loin.&lt;br /&gt;Et puis je m’avance et puis la marée monte.&lt;br /&gt;Et puis comme ça elle nous prendra tous les deux.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_S3f64_ulqis/Rye66oVUPII/AAAAAAAAAEw/5HCHgzbhWFM/s1600-h/cairns+potes+2.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_S3f64_ulqis/Rye66oVUPII/AAAAAAAAAEw/5HCHgzbhWFM/s1600-h/cairns+potes+2.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-5465817538377743778?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/5465817538377743778/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=5465817538377743778' title='32 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5465817538377743778'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5465817538377743778'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/10/je-mapprtais-ouvrir-la-gazette-normande.html' title='Schizo-Madeleine'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>32</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-6096914102072237525</id><published>2007-10-13T01:29:00.000-07:00</published><updated>2007-10-13T11:41:30.826-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Willie</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic;color:black;" &gt;Je m’apprêtais à ouvrir un pot de miel lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air moite quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Willie.&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;&lt;?xml:namespace prefix = o /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;Ce n’est même plus le café qui laisse des ronds noirâtres sur la table mais la crasse. Des auréoles sales pour des saints en enfer. Des restes de bière collés aux cendres et qui s’agrippent à nos coudes comme des morbacks, des traces de doigts qui ont piétiné mille fois le formica sans trouver la sortie de ce petit carré d’oubli. Près du comptoir une demi-vieille laisse voir ses vieux tatouages qui vibrent au son de sa peau flasque, ils jouent les accords d’une vie passée mais toujours en devenir de rien, et elle elle marche comme on rampe, la main puis la bouche et de nouveau la main sur le péché, et demain la gueule de bois en châtiment ; tu vomiras dans la souffrance. Et les yeux de tous rotent comme quand on a trop vu mais qu’on n’a pas la force de fermer les paupières, leurs yeux rotent pour faire de la place et continuer à voir, et tous ils la lapent du regard et ils rient et se moquent mais tous, tous sans exception ils se disent « ce soir ce sera p’têt moi. Oui, ce soir ce sera moi » et ils retournent à leurs verres leurs potes et leur misère. Le monde n’a pas deux trous du cul : il n’en a qu’un seul et c’est ici. Au carrefour de rien. Rien d’autre qu’un motel et un bar et quelques caravanes et une décharge. Des gens et des fusils, pour les lapins et les coyotes, et quelques pauvres fermes et quelques maigres vaches et quelques porcs qui n’en finissent plus de hurler quand on les égorge. Quand il crie le porc on dirait que c’est une partie de notre âme qui s’en va. Tellement ça fait mal. Et puis on le bouffe. Et puis on boit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;Bienvenue en enfer.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;Jerry nous raconte pour la centième fois une histoire qui n’en est pas une. On invente. Tous. Parce qu’ici il ne se passe rien. On invente et puis si l’histoire est bonne, on répète. Et chacun boit les mensonges comme si il y croyait. Et on se sent vivre. Comme quand Big Joe s’est envoyé cette belle de jour qui avait deux cons « j’vais où, j’choisis lequel ??? heureusement qu’ma bite a un radar ! ».&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;Comme quand Johnny Quat’ yeux a parcouru les plaines sur une licorne, qu’elle était belle et blanche et douce et sur elle au galop il étendait ses mains et il touchait le monde et ça frétillait comme un poisson c’était tout frais et bon et ce jour là il était complètement fait et ce jour là on ne riait pas on rêvait. Mais Johnny Quat’yeux ne raconte plus cette histoire, vu qu’il roupille dans la poussière, mais nous on se souvient : « Johnny et sa licorne… Tu crois qu’il en repasse de temps en temps ? Comme ça, dans les plaines, pour s’envoler un peu ? »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;Pete est boursouflé, une septicémie qui commence qu’il dit, un furoncle mal passé qu’il s’esclaffe, et toute sa trogne est en feu et on se marre et on lui dit qu’avec tout le pus qu’il a dans la joue on pourrait alimenter la région entière et il rit et il pue parce que ça remue la sueur et qu’ici on dégouline. Faut bien qu’ça sorte. Tout pue. Les rires sentent le vieux houblon chaud, les chiottes ne sentent même plus l’humain : ça prend tellement au tripes qu’on préfèrerait que ça sente l’urine et la merde mais ça sent le malheur et ça sent le rien. Qu’est-ce que ça daube le rien. Blanca n’y va même plus pour nettoyer. Blanca derrière le bar elle a les yeux creux d’une fille de vingt huit ans qui a perdu. Elle est vide. Tellement qu’elle est vide elle n’a plus besoin de boire. Elle est là à servir avec ses pupilles en trou noir comme un puits sans fond et Dan derrière ne mate même plus ses fesses maigres sous sa jupe courte et crade et nous on évite de la regarder. Comme on évite les miroirs. Une blague ou deux comme ça parce qu’il faut bien mais son sourire fou nous fait du mal. Elle est partie ailleurs dans sa tête, tellement elle est coincée ici. J’dois dire qu’elle a bien d’la chance. C’est comme si elle était partie en vrai. Ouais, d’la chance. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;On est la lie de l’humanité. Des fions dans le trou du cul du monde. Pas de tune pour partir, et l’envie qui se carapate chaque jour un peu plus.&lt;span style="font-size:0;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;On ne vit pas, on attend. Et on n’attend rien. Et quand on sort en crabe comme si on n’avait plus qu’une patte -essayez donc voir- on traverse la route sans regarder en riant ivres morts et en se tapant dans le dos mais c’est pour se donner du courage, pour qu’on se revoie demain, et tous on espère qu’elle va passer. La bagnole. Celle qu’aura pas le temps de freiner.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Mais y’a pas vraiment de bagnoles par ici. Des camions pour la décharge juste. Ils vont, ils viennent, et eux et leurs chauffeurs ils partent très vite pour oublier encore plus vite. Parce que le reste du monde doit être fait de gens bien. Et qu’il n’y a que les connards qui s’échouent ici. Ceux qu’ont pas de bol. Ou ceux qui y sont nés.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;Putain comment j’ai fait pour naître ici. On dirait qu’c’est un endroit qui n’existe pas. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify;font-family:times new roman;" &gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="color:black;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-6096914102072237525?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/6096914102072237525/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=6096914102072237525' title='19 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6096914102072237525'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6096914102072237525'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/10/schizo-willie.html' title='Schizo-Willie'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>19</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-6368772555908892705</id><published>2007-10-02T00:23:00.001-07:00</published><updated>2007-10-02T03:18:49.213-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Roger</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;Je m’apprêtais à ouvrir un tube d'aspirine lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air iodé quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Roger.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;Les marins sont secs. Rongés par le sel. Les muscles en récifs et des ravins sous les veines, le corps érodé par la mer et sa langue râpeuse comme celle d'une chèvre. La peau en écailles de soleil et les yeux en reflets, les iris comme des phares et les cils en corail. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;Les marins sont secs. Et lui est comme tous, et dans ses veines c'est l'océan qui coule.&lt;br /&gt;On ne sait plus qui du bout' ou de la main est en crins, et s'il fixe l'horizon ou si c'est l'horizon qui le regarde longuement comme pour le jauger, et qui l'appelle. Quand il rentre sur la terre ferme elle est mouvante et il tangue et se rattrape aux murs et son univers bascule jusqu'à ce qu'il reparte et que ses jambes enfin cessent de trembler sur les flots.&lt;br /&gt;Maintenant c'est la nuit. C'est la nuit et il ne peut pas dormir parce que c'est la dernière. Après c'est la retraite. On ne veut plus de lui. Trop vieux. C'est la nuit et la mer n'est plus en berceau, et il regarde l'écume qui vole comme un crachat sur son visage. L'océan qui le renie. La rupture qui fait mal. Et l'avenir qui fuit. La dernière nuit et il ne veut pas qu'elle finisse, que le soleil pousse la lune et change les reflets blancs bleutés en dorures, que le bateau s'éveille et qu'il faille faire cap sur la ville. Et avoir les jambes qui flagellent. Le coeur qui dérive. Et chavirer.&lt;br /&gt;Alors il a juré fidélité et puis il est monté dans le petit zodiaque qui dormait contre le flanc du bateau, la corde dénouée comme une caresse sur sa paume. Lui, le zodiaque, et le matériel pour une plongée. Il a lancé le moteur et rattrapé l'horizon, aux confins de l'essence du réservoir. Il a ajusté son gilet à la bouteille en regardant la surface aux vaguelettes de lune. Mis le détendeur en cherchant des yeux autre chose que l'océan mais il n'y avait rien d'autre; le manomètre affichait deux cents bar mais il ne le regarde pas ça n'a pas d'importance là où il va. Enfilé une partie de sa vie et ses palmes et son masque et ses poids. Et s'est laissé glissé dans l'eau. Puis il est tombé. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;Et dessous il n'y avait que du noir et puis lui et sa torche sur rien ou plutôt sur tout. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;Il tombe et il équilibre et il continue de se laisser tomber et d'équilibrer. Il attend l'ivresse mais elle ne vient pas. Il stabilise à cent mètres. Pourquoi ? Pour rien, comme ça. Et l'ivresse qui ne vient toujours pas. Il n'a pas fallu longtemps pour que son air se fasse rare, à chaque seconde il attend la dernière bouffée, ça va faire comme un vide, une plainte et après ça va commencer.&lt;br /&gt;Dans la lumière de sa torche quelques yeux brillent, aux premières loges. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;font-size:130%;"&gt;C'est le moment. Et il commence à avoir mal et ses yeux se révulsent et il veut remonter et il hurle et panique et il n'y a rien de pire et il crache son embout buccal et prend une grande bouffée d'eau comme une goulée de mort et il n'a jamais rien connu d'aussi horrible c'est comme si, c'est comme si... rien, c'est comme rien d'imaginable mais pourvu que ca finisse et quelque chose le pousse c'est monstrueux et lui tire l'épaule "Papy" et puis encore "Papy...??" avec plus d'insistance et deux mirettes brunes comme la terre apparaissent devant lui comme une bouée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Papy, tu viens à la plage avec nous ?&lt;br /&gt;- Laisse le finir sa sieste ma puce, tu sais bien que Papy n'aime pas l'eau... Le seul de la famille, si c'est pas bizarre !&lt;br /&gt;- C'est pourtant si joli...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les marins sont secs. Rongés par le sel. Les muscles en récifs et des ravins sous les veines et dedans y'a l'océan qui coule... L'océan, pas la frousse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-6368772555908892705?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/6368772555908892705/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=6368772555908892705' title='17 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6368772555908892705'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6368772555908892705'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/10/je-mapprtais-ouvrir-un-tube-daspirine.html' title='Schizo-Roger'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>17</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-2554952399667560134</id><published>2007-09-05T21:23:00.000-07:00</published><updated>2007-09-05T22:34:20.299-07:00</updated><title type='text'>Schizo- S, alias Crystal</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une boîte d’asperges en conserve lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air amoureux quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Crystal.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On n’a pas eu besoin de préliminaires. Le désir perlait au coin de nos yeux : ils avaient cet éclat diamantin et presque fiévreux du prélude à l’amour.&lt;br /&gt;Ma jupe est tombée sur le carrelage, il m’a portée sur la table dans une tendresse brutale tandis que je m’accrochais à son regard, et mes fesses se sont écartées sur le formica froid.&lt;br /&gt;Tout naturellement mes jambes se sont enroulées autour de lui.&lt;br /&gt;Il avait la force d’un homme qui prend soin de lui et malgré son corps un peu blanc pour moi il était l’amant idéal avec lequel je me serais perdue pour l’éternité. Je ne me lassais pas de fixer la petite cicatrice sur son front, qui m'hypnotisait sans le vouloir. Avec force ses doigts ont joué avec mes lèvres, m’excitant comme si demain n’existait plus, je m’ouvrais à lui et il continuait à m’exciter et sa main cherchait plus profond et il a pris son sexe et il m’a pénétrée et j’ai cru défaillir tellement c’était bon. Puis il m’a soulevée et menée au canapé comme une princesse et j’ai entrepris d’engouffrer avec gourmandise son pénis si doux dans ma bouche c’était chaud et fumant et ma langue sur son gland ne pouvait se rassasier et j’étais goulue et le rendre heureux me rendait si vivante et mon coeur battait la chamade comme si c’était la première fois puis il m’a pris le visage et fait comprendre du regard ses désirs et je me suis retournée avide de lui rendre hommage et j’ai cambré les reins pour qu’il accède à l’interdit que je n’offre qu’à la personne que j’aime et il avait ses mains sur mes fesses et il a malaxé ma chair pendant qu’il me montait et mes cris de jouissance résonnaient en symbiose à ses ahanements et je sentais monter en moi le grand frisson.&lt;br /&gt;Je me suis dégagée et retournée pour pouvoir le dévorer des yeux, glissant ma main sur les muscles de son torse en sueur et me répétant à l’infini qu’il était l’homme de ma vie et j’avais envie de lui raconter des milliards de choses mais j’ai juste murmuré « je t’aime » dans un long souffle et mes yeux étaient en feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- COUPÉ !&lt;br /&gt;Qu’est-c’qu’elle a la nouvelle, on tourne un porno là, c’est quoi cette farce à la « j’me pâme » !? C’est pas Autant en emporte le Vent !... Allez, on passe à Tabatha dès qu’elle aura fini avec la poire à lavement. Johnny, remontr’-moi la scène sur le combo, p’tain ils vont avoir du boulot au montage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas ce qui m’a pris. Probablement une quelconque dope qui m’a fait délirer. Avant de partir j’ai quand même été nettoyer le foutre sur mon visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-2554952399667560134?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/2554952399667560134/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=2554952399667560134' title='19 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2554952399667560134'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2554952399667560134'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/09/schizo-s-alias-crystal.html' title='Schizo- S, alias Crystal'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>19</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-7366171097104859018</id><published>2007-08-15T21:48:00.002-07:00</published><updated>2007-08-15T21:49:31.698-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Cornélia</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une bouteille lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air fou quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Cornélia.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Y’a d’la pluie on dirait qu’c’est du sang. Y'a pas d'garrot pour les nuages? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi en auraient-ils besoin ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- On en a tous besoin. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;Vous avez besoin d’un garrot ?&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- Oui. Non. Vous m’amputez quand ? Nan parce que j’attends là, vous savez, le nez dans une vitre qui ne donne sur rien d'autre qu’un mur de béton. Quand je plonge dedans c’est tout dur on dirait un amalgame d’âmes mortes qui se serrent les unes contre les autres pour ne plus avoir froid mais elle claquent des dents ça fait comme des ricochets de dentiers. Elles sont là toutes serrées comme des pingouins mais sur un sol marécageux, raviné et instable, pas du tout une banquise, lisse et pure non, un truc goudronneux et sale et boueux. Ils se retiennent aux ailes des autres pour ne pas glisser mais vous savez ils finiront bien par tomber. La boue ça ne colle pas, ça emmène juste en bas de la colline, tout en bas où personne n’a le courage de remonter. Même pas les pingouins alors les âmes vous pensez bien. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Pourquoi voulez-vous que je vous ampute ? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- Docteur je m’interroge sur vos capacités. Pour éviter le trop plein évidemment, je craque aux coutures, vous ne les voyez pas les morceaux de moi tomber par ci par là, les miettes de tripes du p’tit Poucet, des traînées de chemin juste bonnes pour les vautours ? Je veux du vide, je veux du rien, une anesthésie du coeur, une vie sans vie. Alors vous m’amputez du ventricule, droit ou gauche c’est votre problème, voyez avec vos confrères, et vous me rendez ma vie d’automate bien tranquille hein. Celle que je n’ai jamais eue. Et par pitié faites vite, on dirait que je ne peux plus attendre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;À votre avis, comment va se dérouler l’opération ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Je suppose que vous allez prendre votre scalpel, que vous allez le poser sur les veines de mon poignet, que ça deviendra une tronçonneuse, des éclats d’os partout et le bras exsangue, que vous foutrez votre bras bien profond dans le trou noir de la plaie et remonterez jusqu’au coeur comme un vers vorace, y’aura de l’écarlate qui palpitera partout et avec votre pouce replié sur votre index vous me ferez un truc de toubib dans les ventricules et puis après je ne sentirai plus rien et tout sera tranquille comme un champ de bataille où des corps sourient et où les corbeaux croassent en s’étouffant avec des lambeaux d’yeux et où tout le monde s’en fout car la guerre est finie. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je suppose Docteur que ce sera vite fait bien fait. Et qu’après je vous dirai merci. Vous me direz juste « c’est mon travail, c’est tout naturel » mais vous et moi on saura que vous m’aurez sauvé la vie. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;  &lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qu’elle fait là ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Rien. Elle parle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- À qui ?&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- Ça n’a pas d’importance.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Mais on va pas la laisser là quand même ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Qu’est-ce que vous voulez faire ? On n’a plus d’place dans cet hôpital.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- Mais on n’est pas dans un hôpital là, c’est la vie ?&lt;/span&gt;  &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- On voit bien que vous êtes novice. Regardez bien. Elle s’est endormie.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- Oui mais quand même, il flotte du sang.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- Arrêtez-donc de jouer avec ses lunettes rouges, jetez-moi ça, et demain quand elle se réveillera vous lui en donnerez des bleues, pour qu’elle voie tout plus joli.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- ... Mais on est à court de lunettes bleues...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;- Ne vous inquiétez pas, elle en a plein de paires.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt; Elle les mettra demain. J’vous dis, elle est guérie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-7366171097104859018?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/7366171097104859018/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=7366171097104859018' title='26 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7366171097104859018'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7366171097104859018'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/08/schizo-cornlia_298.html' title='Schizo-Cornélia'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>26</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-214778819461578765</id><published>2007-08-09T19:12:00.000-07:00</published><updated>2007-08-09T20:11:21.537-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Alma</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une enveloppe de la mairie lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Alma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Nostalgique elle l’était, son vieux nez dans son chagrin.&lt;br /&gt;Résignée.&lt;br /&gt;Impuissante alchimiste, à transformer ses larmes rouillées en plomb. Et ça tombe sur la toile cirée qui perd par endroit son revêtement plastique comme une vie qui s’émiette. Elle annone des phrases comme on psalmodie par habitude des souvenirs lointains, des pans de vie passée derrière lesquels elle jouait plus jeune. Et maintenant seuls de fins rideaux jaunis entourent son existence, et filtrent le dehors qu’elle ne peut même plus voir.&lt;br /&gt;Je lui apporte ses repas. Je comble ses silences. Et la regarde sans qu’elle me voie, perdue dans son noir à tâtonner pour retrouver les bords de sa tête, et si elle n’a pas oublié un petit souvenir par là, dans le coin, « dieu que c’est poussiéreux dans mon crâne, on n’a pas idée de laisser tout en bazar comme ça... » Mais je crois et elle sait qu’il n’est plus temps de ranger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regarde autour de moi et les senseverias dans leur pot avec ce cache-pot en accordéon, ceux de sa mère et de sa grand-mère, les senseverias, ça pousse comme de la mauvaise herbe, quelques boutures et c’est parti pour quarante ans, les senseverias sont toujours là quand les gens n'y sont plus, dans un pot sous un cache-pot vert, dans cette minuscule maison de banlieue. Avec la route qui a empiété sur le jardin, la nationale pour que les automobilistes soient à l’heure au boulot. Et dans le petit jardin il n’y a plus d’oiseaux. Trop bruyant. Trop pollué. Et coupé de moitié.&lt;br /&gt;Il y a trois ans que je travaille pour elle, hoh, un peu, je l’aide dans les taches ménagères, les repas, et la toilette parfois quand elle oublie. Et depuis trois ans elle me répète « Tu sais ce que tu as à faire hein, », et je réponds oui, ça faisait partie de l’accord, et elle hoche la tête en tirant un peu son bas qui tombe quand on en a marre, on se laisse glisser à terre et c’est plus simple comme ça. Ses jambes sont si frêles et ce sont toujours les mêmes bas. Qui glissent comme s’ils voulaient s’en aller.&lt;br /&gt;Au repas du midi elle mange comme un bébé, de la sauce coulant sur les poils drus de son menton, et je l’essuie d’un bord de serviette, et ses mains tremblant pour saisir le croûton de pain que je lui tends. Le croûton, c’est ce qu’elle préfère. Et elle creuse dedans pour en retirer la mie. « Parce que la croûte est trop dure pour mes dents tu sais, ce sera pour les oiseaux ». Oui oui, je dis, mais les oiseaux ne viennent même plus pour un bout de pain sur le rebord de la fenêtre. On dirait qu’ils sont partis bien loin.&lt;br /&gt;Elle finit son assiette et son dessert et me demande encore « Tu sais ce que tu as à faire hein ? » et je réponds toujours oui. Je débarrasse la table et dans les bruits de vaisselle j’entends déjà ses ronflements jaillissant du fauteuil.&lt;br /&gt;Je reviens le soir et c’est la même histoire. Mais je traîne un peu plus avant de débarrasser la table, on papote, elle m’écoute, et parfois je regarde ses yeux vitreux qui ne voient plus et je suis presque sûre qu’ils voient quelque chose : son mari, ou ses enfants, ou peut-être au-delà. « Tu sais ce que tu as à faire hein ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois ans qu’elle me pose la même question deux fois par jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et depuis une semaine, plus rien.&lt;br /&gt;On dirait qu’elle a oublié. Je passe de la crème grasse sur ses mains desséchées et je coiffe ses fins cheveux gris, et elle chantonne un air que je ne connais pas. C’est joli, tout doux comme une caresse d'antan, et je la mets au lit. La dentelle au col de sa chemise de nuit pendouille un peu. Je l’installe bien sur l’oreiller. Elle est prête à s’endormir. Elle s’apprête à vérifier que le réveil est bien remonté, elle aime se réveiller tous les jours à la même heure, ça lui donne une notion du temps, et sa journée se passe à ne rien vraiment faire, à ne rien voir, à manger à heure fixe et puis à m’écouter, parfois, je lui mets des vieux disques aussi de temps en temps mais son visage ne s’éclaire plus depuis longtemps. Un petit mécanisme bien huilé, c’est comme ça depuis des années. Sauf que depuis longtemps elle ne sourit plus. Elle ressemble de plus en plus à un vieux bas qui se laisse glisser.&lt;br /&gt;Mais ce soir je prends sa main dans la mienne alors qu’elle allait vérifier son réveil, et la pose sur sa poitrine. Comme ça. Nos deux mains.&lt;br /&gt;Et elle se met à sourire.&lt;br /&gt;Elle ferme ses yeux aveugles et me murmure : « Je croyais que tu avais oublié ».&lt;br /&gt;J’ai dit que non. Comment oublier ? Et j’ai pris doucement de ma main libre l’oreiller qui était par terre, et sans lâcher sa main, j’ai posé l’oreiller sur son visage. Comme ça. Longtemps.&lt;br /&gt;Elle n’a même pas gigoté. Puis sa main s’est ouverte et a libéré la mienne. Et lorsque j’ai retiré l’oreiller de son visage, elle souriait toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu sais ce que tu as à faire hein ? »&lt;br /&gt;Et bien voilà, c’est fait.&lt;br /&gt;Comment oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-214778819461578765?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/214778819461578765/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=214778819461578765' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/214778819461578765'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/214778819461578765'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/08/schizo-alma.html' title='Schizo-Alma'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-8662346026667324598</id><published>2007-07-30T17:16:00.000-07:00</published><updated>2007-07-31T14:44:45.886-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Estelle</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir un stylo lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air trop connu quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Estelle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui. Une fois n’est pas coutume, je me suis retrouvée coincée en huis clos avec moi-même. Et merde. Il semblerait que ces derniers temps, de moins en moins d’autres personnalités se bousculent au portillon de mon neurone,  et j’ai une explication : il y a déjà beaucoup trop de choses dans ma petite tête. Alors je tente une thérapie par l’écrit, parce qu’il me tarde de virer le videur qui refoule tout le monde à l'entrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça fait huit ans que je suis dans la pub. Imaginez mon quotidien : déconne, putes et coke à gogo comme dans les années 80.&lt;br /&gt;Moins les putes et la coke et la déconne, parce que justement, on n’y est plus, dans les années 80. Donc,  juste des journées normales, des fous rires, de la création, des nuits blanches au bureau mais pas trop, des pétages de plomb "nan vraiment le client est trop con" et parfois des voyages à pétaouchnok aux frais de la princesse parce qu’on a bien prit soin d’installer l’histoire dans le Grand Canyon, près des chutes du Niagara, ou dans la pampa mexicaine.&lt;br /&gt;Longtemps je ne me suis pas couchée de bonne heure et j’ai aimé, d’une façon très égoïste de petite fille gâtée, mon métier -parce qu’il change tous les jours et qu’en majorité, ce qu’on me demande c’est d’avoir des idées- qui me l’a bien rendu de surcroît, quelques récompenses par-ci par là dans les concours internationaux, et la possibilité de me faire embaucher partout dans le monde.&lt;br /&gt;Et puis la lassitude s’est installée. Puis la trentaine. Et la lassitude s’est gentiment transformée, sinon en haine, du moins en dégoût.&lt;br /&gt;Et un matin j’ai dû mettre mes chaussures à l’envers pour tromper l’impression d’aller au boulot à reculons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis la décision a été prise.&lt;br /&gt;Et dans un mois et demi je quitte mon taf, treize ans de ma vie études comprises, la Nouvelle-Zélande, pour l'inconnu. Je m'apprête à tourner la dernière page d’un bouquin mille fois terminé, claquant la dernière de couv d’une gifle de la main, pour en ouvrir un autre... dont les pages sont vierges... encore plus que Marie.&lt;br /&gt;Jusque là me direz-vous, mouais, y’a du changement dans l’air, et alors ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouais ben dans cinquante jours j’aurai vendu (ou donné) toute ma vie, tout, tout, TOUT, meubles, matos, fringues (j'suis pas matérialiste m'enfin mes jolies bottes là...!) pour repartir à zéro avec un sac à dos de 20 kg, ni plus, ni moins, avec un stop d’un mois en Australie pour passer quelques diplômes de plongée (j'ai décidé de faire de ma passion un métier -gardant une place pour les opportunités que les voyages et la vie peuvent apporter- et de pouvoir enfin vivre aux côtés de mon amour) et après... après ben je ne sais toujours pas.&lt;br /&gt;Et je ne le saurai qu’en octobre, c’est à dire, une fois que j’aurai tout plaqué (parce que les projets à deux, ça ne se fait que lentement à 15000 bornes de distance. Et puis d’ici là, il m’aimera toujours ? Il n’aura rencontré personne ? Comme ça par hasard ? Ça a tenu jusque là mais la vie est garce parfois alors ça tiendra encore ?...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et bien moi qui n’ai jamais eu les deux pieds bien sur Terre, à la rigueur juste un orteil, et encore, de temps en temps, et bien là j’ai la frousse. La pétoche. La trouille de l’incertitude au ventre. Des petits vers qui rongent mes entrailles la nuit et font le ram-dam dans mes insomnies. Parce que pour une fois je n’arrive pas à me projeter dans l’inconnu. Parce que cette fois-ci, ce n’est pas juste un rêve : c’est la vie.&lt;br /&gt;Certains jours je gère l’impatience et l’angoisse. Et d’autres je tombe. Je voudrais pouvoir accélérer le temps, dire merde aux secondes. Mais la pendule de l'existence fait "tic-tac", comme un "non-non, c’est comme ça, t’es coincée pour l’instant", avec ce truc qui grouille en toi comme une fièvre.&lt;br /&gt;Je ne suis plus qu’une boule de stress qui avance certains jours en zombie anesthésiée par le manque de sommeil, et le lendemain explose en torrents de spasmes et de larmes sans rien contrôler. Et les heures qui passent comme des années sans s’en soucier.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Sinon, aujourd’hui, dans le monde, 18000 enfants sont morts de faim, 8000 personnes sont mortes du sida, dont 1000 enfants, combien de civils lors des conflits armés, ça je n’ai pas réussi à trouver de chiffres fiables pour faire un calcul, pareil pour le nombre de femmes violées, battues, etc (un recensement difficile), 1 400 000 enfants prostitués ont eu une journée d’enfer (juste en Inde, Thaïlande, Taiwan, USA, Chine populaire et enfants de l’Europe de l’est se prostituant à l’ouest), 200 à 250 millions d’adultes se sont levés ce matin et se coucheront ce soir (s’ils en ont le droit) en esclaves “modernes”, 100 espèces animales ont disparu et 73 km2 de forêt amazonienne ont été détruits (juste cette forêt-là hein)…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais. Mais mon cerveau n’arrive pas à relativiser. Un bug.&lt;br /&gt;J’vous l’dis : j’ai une frousse comme jamais. Et elle est incontrôlable. Et je suis seule, ici au pays du long nuage blanc, sans ma famille, sans mon amour, sans mes amis, enfin ceux d’avant, ceux de France. Et certains matins j’ai l’impression que mon coeur va s’arrêter et que je vais basculer. Je croyais que j’étais plus forte. Zut.&lt;br /&gt;Alors je me mets dans mon rocking-chair imaginaire, et je ferme les yeux, comme ça en les crispant très fort, me balançant au son du tic-tac d’une pendule dans ma tête, comme une enfant, en me disant que lorsque je les ouvrirai tout cela sera fini, cet entre-deux bâtard.&lt;br /&gt;Mais ça ne marche jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Reste à respirer profondément et à me préparer pour les cinquante jours les plus longs.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt; C'est un gouffre sans fin ce no man's land entre deux livres, avec mon petit moi encore en train de fermer le précédent et sans avoir encore ouvert le prochain. Et serai-je capable de l'écrire, le prochain ? Je saurai faire ? Hein ? Sa-aaa-aaa-mmmmmyyy j'ai peeeeeuuuur...&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-8662346026667324598?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/8662346026667324598/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=8662346026667324598' title='19 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8662346026667324598'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8662346026667324598'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/07/schizo-moi.html' title='Schizo-Estelle'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>19</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-8215777104261813988</id><published>2007-07-27T02:43:00.000-07:00</published><updated>2007-07-27T10:25:13.932-07:00</updated><title type='text'>Shizo-Alicia</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:times new roman;font-size:130%;"  &gt;Je m’apprêtais à ouvrir une huître lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air résigné quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Alicia.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Le plus grand génocide jamais vu. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Éradiquer une espèce entière et faire valdinguer plus de trois millions d’années d’évolution.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Sans que personne ne s’en rende compte.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;L’écho de ces trois phrases ricochait sans fin sur les parois de mon esprit morne, et tandis que Rob mettait une touche finale à la machine (il a toujours été maniaque, à recompter dix fois les additions au restaurant, à remonter quatre à quatre les marches de l’escalier trois fois pour être sûr que la porte était bien fermée, à plonger sa main deux fois dans la boîte aux lettres pour se convaincre que l’enveloppe était correctement rentrée, un maniaque Rob, mais ça n’a jamais autant valu le coup qu’aujourd’hui), je regardais sans larmes un reportage de la chaîne AGIR : devant les dix derniers hectares de la forêt amazonienne une foule s’amassait. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Des bébés trop jeunes pour comprendre qu’il leur faudrait ad vitam eternam porter un masque pour pouvoir respirer ; finies les enlaçades spontanées, oubliés les premiers baisers comme quand il suffisait que deux bouches se rapprochent pour faire suffoquer deux cœurs. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Des femmes trop mûres pour oublier le temps d’avant ; terminés les espoirs et les rêves d’antan, toutes avec la certitude qui troue le cœur d’avoir fait la pire chose en faisant un enfant. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Des hommes venus du monde entier la rage au poing et la souffrance à fleur de poil ; vain l’espoir qu’une bataille pourrait faire changer le monde, et leurs mains qui se rentrent en pleurs dans leurs poches.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Tous impuissants. Petits et grands. À regarder l’un des derniers symboles d’une humanité responsable foutre le camp. Et à ressentir toute l’irrévocable tristesse de leurs frères, l’échine courbée, qui attaquent à la tronçonneuse les derniers arbres. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Tous ressentant au tréfond de leur âme cette grande maladie de la civilisation, les uns les yeux au sol comme s’ils attendaient un miracle de la planète, les autres les yeux aux ciel comme s’ils n’attendaient plus rien de l’Homme. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et les bébés qui pleurent. Parce qu’ils ont faim. Ou souillé leur couche.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Rob vérifiait une dernière fois la machine. J’ai éteint le téléviseur comme on éteint un mauvais rêve. Et me suis endormie d’un sommeil lourd parce que c’était le dernier.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;En partant le lendemain alors que la machine s’élevait dans le salon, j’ignorais dans le hublot la photo de mes parents dans un cadre vieilli, le bouquet de roses qui commençait à fâner comme quand on dit aurevoir juste pour nous préparer, un pétale par-ci, un par là, pour nous habituer, pour que ce soit plus doux peut-être, ma bibliothèque où des siècles de pensée, d’analyse, de société, s’étalaient  sur les étagères comme dans un hamam de vérité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Non, le seul hublot, c’était les yeux de Rob. Et la certitude d’avoir fait le bon choix.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Quand nous sommes arrivés quelques trois millions d’années avant, j’ai comme eu la nausée. Un groupe d’Homo Habilis hurlait à l’atterrissage de la machine : trop d’étincelles, de fumée et d’odeurs inconnues.&lt;br /&gt;Les femmes protégeaient leurs petits, les hommes hurlaient des sons gutturaux pour protéger leur clan, et à l’écart un adolescent nous regardait avec amusement, une main sur une plante, presqu’avec tendresse, pour la prévenir du vent de la machine qui aurait pu la déraciner.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et Rob a commencé.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il a ouvert la fiole. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Le gaz s’est répandu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Sans que personne ne s’en aperçoive.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Un gaz qui rendait toutes les femmes, fillettes, nouvelles-nées, et même fœtus, stériles.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et ma respiration restait la même, derrière le hublot. Calme comme un sommeil sans fin. À vivre aux premières loges la toute fin de l’humanité. Sans que quiconque à part Rob et moi  ne s’en aperçoive. Il était là le plan grandiose. Mettre un terme. Annuler tout et on repart à zéro. L'humain en moins. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Nous sommes allés de clans en clans, de grottes en grottes, de plaines en plaines, de montagnes en montagnes, traquant pour une chasse sans souffrance les premiers hommes. Rob ouvrant à chaque fois une autre fiole.&lt;br /&gt;Moi ouvrant à chaque fois les mêmes yeux sans détresse.&lt;br /&gt;Un génocide sans fin. Le génocide du genre humain.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Puis ça a été l’heure du dernier clan. Et j’ai regardé Rob et lui ai demandé de sortir de la machine. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;« Pourquoi ? »&lt;br /&gt;« Parce que je veux être avec ma famille. » Oui j’ai répondu « ma famille », comme ça, pour rien, juste parce que c’était la fin. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il a aquiécé avec une once de tristesse, et a remonté le masque à gaz sur mon nez.&lt;br /&gt;« Pourquoi ? », ai-je lancé à mon tour laconiquement, « ton gaz n’est pas mortel ». Et j’ai rit. De l’insolence pathétique de la situation. Parce que dans une toute petite fiole grande comme mon petit doigt se trouvait la fin de l’humanité. Certes la fin du pire, mais probablement aussi la fin du meilleur. Question de balance : le pire accède toujours au pouvoir; le bon se bat, mais c'est le pire qui gagne. Parce que lorsque le bon n'a à gagner que le meilleur, le pire sort griffes et ongles pour ne rien perdre, de ses acquis criant victoire sur un charnier de conscience.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et tout ça m’a donné envie de vomir. Une nausée comme on peut en avoir quand on regarde une vie qu’on a gâchée. Les hauts le cœur que seules les décisions irrévocables peuvent donner. Et le malaise qu’offre le pouvoir de s’y autoriser.&lt;br /&gt;Et puis c'est passé.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et sous mon masque à gaz de loin &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;j’ai &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt; regardé le clan. Tout au fait de ce qu’on nomme la préhistoire, en plein dans la survie, et aussi dans toutes les petites histoires de la vie. La femme Homo Habilis donnant le sein en carressant la tête de son petit, les yeux anxieux sur l’orée de la forêt, attentive au danger, prompte à la réaction et la main sur une pierre coupante. Les paumes ocres de ce membre du clan, sortant de la grotte et se frottant les mains dans l’herbe pour en enlever les pigments qui eux resteront à jamais, du moins jusqu’à mon ancien temps, les prémices d’un langage. L’aube d’une société. La naissance de l’écrit. La transmission d’un savoir. D’une sagesse. Et plus loin une femme, sans qu'aucun membre du clan n'y prête la moindre intention, s'échinait à recouvrir de terre un corps, à un endroit qu'elle pourra retrouver si elle en a envie, un jour.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et la fiole était vide. Et Rob l’a jétée contre un rocher.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il a mis le feu à la machine. Un grand brasier qui a apeuré le clan tout entier.&lt;br /&gt;Puis il m’a tendu la capsule de cyanure avancé qu’on a développé en l’an 2230, avec un genre de LSD en plus, et l’on meurt comme si c’était le plus beau moment de notre vie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Elle a craqué sous ses dents.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et je l’ai regardé dans les yeux lorsqu'ils se sont révulsés. Partis ailleurs. Et j’ai carressé mon ventre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’ai de nouveau eu la nausée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’espère que ce sera une fille.&lt;br /&gt;Ma main a lâché la capsule, qui a roulé sur la terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longtemps j'aurai en mémoire le regard de Rob, et cet éclat qui disait... je comprends, tant mieux.&lt;br /&gt;Quelques brins d'herbes dansant au gré du vent plus tard, dos au corps de mon mari, une femme s'est approchée. Si doucement que je ne l'ai pas entendue.&lt;br /&gt;Elle a posé sa main sur la mienne. Et juste comme ça, on a attendu.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-8215777104261813988?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/8215777104261813988/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=8215777104261813988' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8215777104261813988'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8215777104261813988'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/07/shizo-alicia.html' title='Shizo-Alicia'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-504528368222433214</id><published>2007-07-16T20:15:00.000-07:00</published><updated>2007-07-16T22:20:01.713-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Ratana</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir un flacon de shampoing lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air empuanti quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Ratana.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Les autres enfants cherchent du plastique à revendre, de la ferraille, les pieds dans la puanteurs et les déchets, les mains dans les immondices, ils cherchent de vieux bijoux, ils cherchent tout ce qui est réutilisable, échangeable, vendable, recyclable. Pour quelques infimes riels. Et ça pue partout sous le soleil. Et les bennes continuent leur incessant ballet, entassent et tassent, et tout le monde continue à se pencher sur les mouches, dans une quête quotidienne pour survivre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ici, tout le monde cherche à se réveiller le lendemain. Pour pouvoir recommencer à engloutir ses mains dans la décharge publique. Pour continuer à survivre à Steung Mean Chey. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Tout le monde cherche quelque chose. Sathia cherche des bouts de métal qu’elles pourra revendre peut-être et nourrir son petit frère, avec sa maladie de peau qui le gratte à hurler, avec du pus parfois qui croûte en creusant. Vithea cherche des restes à manger que ni les pauvres de la ville ni les chiens faméliques n’auraient encore trouvés. Kimchheang s’essouffle à chercher un plus grand carton, un plus grand sac plastique pour être un peu plus à l’abri des pluies qui ne vont pas tarder, dans sa cabane de fortune.&lt;br /&gt;Et moi depuis quelques temps je marche, un pied qui farfouille dans la décharge, sans jamais me baisser et prendre quoi que ce soit. Tout le monde cherche quelque chose et tout le monde sait quoi. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Sauf moi. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Des chercheurs de survie je les appelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Oh je retourne bien quelques immondices, comme ça, par habitude, mais sans vraiment y penser, c’est juste parce que moi aussi je vis là, mais je ne récupère plus rien, je ne me penche plus, je ne me précipite plus à chaque nouvelle benne qui se déverse, jouant des coudes pour glaner un morceau de poulet qui aurait trainé près d’un rat mort dans une poubelle. Je suis un peu à l’écart. Et parfois je me pose là, à l’est de la décharge, sur un vieux bidon, et je regarde le soleil qui fait fondre des bouts de plastique, et les petits arcs-en-ciel sur ce papier graisseux que les mouches soudain envahissent comme une minuscule marée d’un noir brillant, avec des morceaux de vert métallique sur leur dos comme des poissons qui bondiraient. Et puis zoup, un vrombissement et plus rien. Et le petit arc-en-ciel a disparu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;De loin j’entends Rany et Dadano qui disent que je maigris. Ils disent ça et puis c’est tout parce que "Regarde, une canette !".&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais tous les soirs, quand le soleil se couche et que même les insectes s’en vont, y’a mes copains qui viennent, de ce côté-ci de la décharge. Plein d’enfants, un à un, silencieux, qui s’accroupissent en cercle devant moi, et leurs yeux sont ouverts en corolles comme s’ils se réveillaient. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Hier je leur ai conté ma plus belle histoire.&lt;br /&gt;Je leur ai dit “Tout à l’heure, j’ai trouvé une vielle lampe. Toute cabossée, mais avec une jolie teinte sous sa crasse. Je l’ai essuyée sur mon pantalon, elle était toute belle après, même ses gnons étaient jolis. Et là, il y a eu une grosse fumée et c’était comme si elle se gonflait, comme une voile de bateau vous voyez? Et là un monsieur fait de fumée est sorti.” &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ni Vithéa ni Kimchheang ni même Rany ne m’ont interrompu. Mais comme un long frisson parcourait les rangs des enfants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- “C’était magique. Il m’a demandé ce que je voulais. Je pouvais tout lui demander, tout tout tout, il pouvait tout exaucer.”&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- “Et tu lui a dit quoi, Ratana ?”... “Que tu voulais partir de là !!” a crié l’un ... “ Sur ton beau bateau qui serait rien qu’à toi !!” a gloussé l’autre “Je sais je sais, tu irais à Krong Ko Kong et puis ce n’serait plus que toi, et la mer!!” ...“Et les poissons !! du poisson frais comme s’il tombait tout seul dans ton bateau!!”... “Parce que c’est ça que tu veux?!” a ajouté l’un d’entre eux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;“ Nan. Je lui ai dit que je voulais ça.” &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et je leur ai montré du bras un petit cadre en bois que j’avais accroché à une ficelle, pas très haut, sur un vieux mat pourri. Juste un cadre, avec rien dedans. Mais joli, avec des petites peintures ou ce qu’il en reste dessus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ils se sont tous levés, sauf Ny qui faisait la moue, parce qu’elle n’avait plus de famille et qu’à six ans c’est dur. Ils ont regardé le cadre, passé la main au travers et quelqu’un a dit “Mais y’a rien dans ton cadre??!”&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;“ En réalité il y a tout.”&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ils se sont accroupis à nouveau. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;“ Dedans il y a vos rêves. À tous. Et chaque soir vous pourrez venir les regarder. Dans le cadre. Il est magique...” &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;C’est Ny qui s’est levée la première. J’ai dû la prendre dans mes bras pour qu’elle puisse être à la bonne hauteur. Son petit nez juste au milieu du rien dans le cadre. Et elle a juste dit : &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;“Oh oui, c’est vrai. Je les vois. Qu'ils sont jolis.”&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et tous les gamins ont fait une file. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je ne sais plus ce que je cherche.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je ne le saurai que lorsque je l’aurai trouvé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Jusque là, vivre, c'est rêver.&lt;br /&gt;Quant à survivre... Ça ne gargouille même plus dans mon estomac.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-504528368222433214?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/504528368222433214/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=504528368222433214' title='15 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/504528368222433214'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/504528368222433214'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/07/schizo-ratana.html' title='Schizo-Ratana'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>15</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-8540331371726072610</id><published>2007-07-09T21:37:00.000-07:00</published><updated>2007-07-09T22:00:44.406-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Nina</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir les yeux lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’eau quand j’ai entrebâillé ma tête et laissé entrer... Nina.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;On dirait que le monde s’inverse. Quand il pleut. On marche dans des miroirs. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Les pieds dans des immeubles sombres, le bout des bottes crevant le ciel d’un gris de vieux coton, le corps entre deux infinis du monde, et mon tout petit moi qui lève le nez comme pour me noyer dans rien. Quand il pleut rien ne peut arriver puisque le monde est déjà en larmes. Et ça coule en faisant du bien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Les oiseaux se terrent en silence, peut-être se chuchotent-ils des histoires de soleil en gonflant leurs plumes, une petite couette d’espoir en attendant les escargots. Les escargots eux étirent leurs tentacules et quittent paresseusement qui l’abri d’un buisson qui un dessous de feuille sans se soucier de l’après. Mais pas ici car c’est l’hiver. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je n’entends rien que les voitures et les humains qui se contractent et courent en pensant éviter l’inévitable. La pluie donne des espoirs un peu fous.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt; Je reste là sans bouger, elle en rigoles sur mes tempes qui battent le froid. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’aime la pluie. Elle est si pleine d’un vide à remplir. Et si docile : je sais bien qu’elle exaucera mes rêves et qu’un jour elle s’arrêtera. Demain peut-être.&lt;br /&gt;Elle remballera ses miroirs qui ouvrent sous nos pas comme un monde d’en bas.&lt;br /&gt;Elle cessera ses rideaux tombant des auvents qui rendent les jardins flous.&lt;br /&gt;Essoufflée elle arrêtera de danser avec les mégots dans les tourbillons des caniveaux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et si elle ne cesse pas alors j’aurai de la chance : je pourrai continuer à rêver au soleil.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’aime le soleil.&lt;br /&gt;Les escargots qui dorment et les sons de la vie qui ne sont plus assourdis comme dans une antichambre.&lt;br /&gt;Le ciel qui reste en haut, le bitume qui ne joue pas aux abysses.&lt;br /&gt;Le bon sens qui se rétablit.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’aime le soleil parce que c’est facile.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt; J’aime la pluie parce que je n’ai pas le choix : n'avoir que le curieux pouvoir d'une attente rêveuse laisse sur mes papilles l'arrière-goût apaisant d'une tisane de camomille.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-8540331371726072610?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/8540331371726072610/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=8540331371726072610' title='18 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8540331371726072610'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8540331371726072610'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/07/schizo-nina.html' title='Schizo-Nina'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>18</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-4230060352119758483</id><published>2007-07-06T17:51:00.000-07:00</published><updated>2007-07-06T20:01:04.547-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Soren Thomas Vergeon</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(NDLR : ce texte fait partie d'un jeu, dont vous pouvez voir les modalités à la note précédente : grosso modo, créer un texte en suivant le cahier des charges fourni par mes blogopotes)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une bouteille de Pastis lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air qui sent bon l’assouplissant à la lavande sur chemisette à fleurs quand j’ai entrebâillé ma tête, et laissé entrer Soren Thomas Vergeon.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longtemps je me suis couché de bonne heure. Les apéros prolongés du midi qui exhalaient leurs saveurs anisées en étirant leurs vapeurs comme de longs bras tentaculaires jusqu’au soir n’y étant probablement pas étrangers. Longtemps je me suis couché de bonne heure, mais depuis une semaine, l’excitation refusait son droit d’entrée à Morphée, « tss tss, pas de baskets, pas de dieu grec. »&lt;br /&gt;Le ministère de l’émigration m’avait contacté : demain je serai conduit aux frontières de Jupiter. Comme tant d’autres. Depuis sept mois, la grande migration terrestre avait commencé. Les humains pouvant y participer étaient triés sur le volet : pas de casier judiciaire, pas d’addiction d’aucune sorte (la surconsommation de boissons alcoolisées ne rentrant heureusement pas en ligne de compte) et chacun se voyait confier ce qu’ils appelaient un couple « d’animaux totems » : dans ces grands vaisseaux spatiaux de Noé chargés du peuplement de Jupiter afin d’en faire une nouvelle Terre, chaque humain avait pour mission de prendre soin de deux animaux de sexe opposés. Chacun serait chargé de leur protection, et faillir à cette mission engendrait de sévères peines ; les humains avaient tant décimé la faune qu’il leur était maintenant donné l’opportunité de se « racheter » afin de recréer sur une autre planète un écosystème viable, ou humains et animaux vivraient en bonne entente, la superficie de Jupiter permettant la création d’immenses réserves protégées, chacune recréant à la perfection les habitats naturels terrestres de l’intégralité des espèces restantes. Sous un gigantesque dôme de verre, l’atmosphère était reconstituée, sans risque de trou de la couche d’ozone, ce qui me semblait être un excellent point de départ.&lt;br /&gt;Mes animaux totems étaient bien entendu un couple de marmottes, dont je me devais de prendre bien soin, tant lors du voyage qu’après leur arrivée en terra incognita jupiteresque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, cette nuit là, je ne fermais pas l’oeil. Quand le téléphone se mit à sonner. Une voix de femme hystérique alternait sanglots, petits cris plaintifs et longs soupirs comme sur une partition de musique expérimentale. C’était Shayalimayangan, la femme que j’ai le plus aimé en ce monde. Ma Shaya, mon amour, pour qui j’avais décroché la lune à Bombay, dont j’avais rempli le corps d’étoiles à Alger, et qui m’avait laissé exsangue de sentiments dans un trou noir à Barcelonne. Shaya, enfin, qui m’appelait de Marseille. A vrai dire, j’aurais préféré dormir : cette femme là avait fait des confettis de mon coeur et je n’étais pas prêt à ressortir les langues de belle-mère.&lt;br /&gt;- Soren, il faut que tu m’aides.&lt;br /&gt;- Et merde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fonçais à Marseille où je la retrouvais prostrée devant la mer dans une calanque. Quelques cigales insomniaques accompagnait les trémolos de ses sanglots et les basses de ses hauts le coeur. Défoncée à un cocktail de drogues et de médicaments dont je me refusais à faire le compte elle tenait encore son portable enduit de vomi dans sa fine main, la bague que je lui avait offerte au pouce, gluante de bile. Elle était loin ma fougueuse pouliche. Plus qu’une junkie, l’ombre d’elle-même sous un quartier de lune.&lt;br /&gt;Son addiction l’avait doublement perdue : exemptée d’émigration, elle ne pouvait rien faire d’autre que de rester sur Terre en attendant que la chaleur écrasante, 60° en moyenne en France, ou qu’un cancer de la peau ait raison d’elle. Mais avec de la chance les drogues résoudront le problème avant.&lt;br /&gt;Elle voulait juste que je fasse jouer mes relations, qu’elle puisse partir, tu sais Soren, je veux revivre, toi et moi on peut, tout serait comme avant, tu sais, quand tu m’aimais, tu m’aimes encore Soren ? Tu m’aimes ?&lt;br /&gt;Alors je l’ai serrée dans mes bras, en caressant ses cheveux plein de sable, mes doigts s’emmêlant dans leurs noeuds de non-vie. Et je lui ai dit que oui, comme on berce une enfant. Je lui ai murmuré qu’elle est la plus belle au monde, que se perdre avec elle valait tous les sentiers tracés de l'univers, que je suis prêt à rester sur Terre avec elle, que les enfers d’ici valent tous les paradis si elle en est le Charon, que mon coeur battra toujours en écho à ses tempes qui palpitent, que je me damnerais pour elle sans un battement de cils.&lt;br /&gt;Elle s’était endormie. Avec la respiration irrégulière qui répond aux drogues. Sur la Méditerranée ou ce qu’il en restait le soleil sortait de son lit pour annoncer la vie. Je l’ai laissée sur le sable et je suis parti. Je lui avais menti. Je ne l’aime plus, c’est fini.&lt;br /&gt;Elle n’aurait pas dû croire que Jupiter était une solution : c’était une récompense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois semaines après, ma vie s’organisait sur cette nouvelle planète. Dans quelques heures je partirai avec mes deux marmottes, repues et en pleine santé, pour les intégrer à leur nouvel habitat, de jolies montagnes verdoyantes que le gouvernement a nommé « les nouvelles Alpes ».&lt;br /&gt;Je suis un peu en retard comme d’habitude et des milliers d’humains avec leurs animaux m’attendent pour relâcher qui leurs ours, qui leurs cerfs, qui leurs araignées, qui leurs rapaces. Le compte à rebours a commencé et tout le monde l’entonne avec exaltation comme au nouvel an. Les animaux sont fébriles, on dirait qu’ils savent ce qui va se passer.&lt;br /&gt;À "trois", on pourrait presque sentir un long frisson sur leurs échines comme une ola.&lt;br /&gt;À "deux" le temps semble s’arrêter.&lt;br /&gt;À "un" ma marmotte femelle me lance un dernier regard.&lt;br /&gt;À "zéro"... elle se jette sur son mâle et lui plante les dents dans la jugulaire qu’elle arrache dans un cri strident, le sang jaillit comme lors d’une exécution et elle recrache une touffe de poils et le tuyau de l’artère avant de se coller à moi comme pour me protéger. Je découvre enfin ce qui se passe alors que la marmotte mâle agonise en soubresauts amers au goût terreux de trahison : tous les humains se débattent et essayent de se protéger des attaques des animaux. Un rapace a déjà percé les yeux de mon voisin qui hurle à terre tandis que l’autre farfouille avec son bec acéré dans son entrejambe ; j’entends comme des plocs de myrtilles qu’on écrase. Les ours sabrent les carotides et les fémorales, les cerfs piétinent les cages thoraxiques, c’est l’apocalypse et je me sens entraîné vers un rocher et ma marmotte me fait entrer dans une grotte.&lt;br /&gt;Le tumulte de la curie a cessé. Quelques râles persistent puis plus rien : ce sont en une minute des milliers d’humains qui gisent sur l’herbe rouge des Nouvelles Alpes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma marmotte me regarde et me dit :&lt;br /&gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Tu sais &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;ça fait longtemps que nous attendions notre revanche. Nous allons faire sur Jupiter ce que vous nous avez fait sur Terre. Mais moi je fais partie d’un mouvement humaniste de protection des hommes. Nous voulons garder quelques uns d’entre vous pour pouvoir vous montrer à notre progéniture.&lt;br /&gt;- Mais tu es la seule marmotte maintenant, tu ne pourras pas te reproduire... ai-je rétorqué, abasourdi.&lt;br /&gt;- Peut-être que si... Si tu m’aimes. Tu m’aimes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-4230060352119758483?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/4230060352119758483/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=4230060352119758483' title='16 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/4230060352119758483'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/4230060352119758483'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/07/schizo-soren-thomas-vergeon.html' title='Schizo-Soren Thomas Vergeon'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>16</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-7639509815625607816</id><published>2007-07-04T16:21:00.000-07:00</published><updated>2007-07-04T16:23:01.245-07:00</updated><title type='text'>Schizo-?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family: times new roman; font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une bouteille de Pastis lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air quand j’ai entrebâillé ma tête, et laissé entrer… ?.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: times new roman;"&gt;Alors voilà, sur une idée saugrenue de Mister L.C., je vous propose un petit jeu... Waouh, cool cool, vous dites vous, et vous n’auriez pas tort ;)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: times new roman;"&gt;La règle du jeu est fastoche : vous écrivez des commentaires et moi après je dois créer le texte qui aurait dû donner lieu à ces commentaires.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: times new roman;"&gt;Là vous vous dites, quelle grosse feignasse ! mais non non non, parce que j’ai dans l’idée que ça va pas être facile, et pitêt’ bien même que certains vont mesquinement essayer de me piéger ;) &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: times new roman;"&gt;Alors, vous jouez ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-7639509815625607816?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/7639509815625607816/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=7639509815625607816' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7639509815625607816'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7639509815625607816'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/07/schizo.html' title='Schizo-?'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-8378667159851308565</id><published>2007-06-30T19:14:00.000-07:00</published><updated>2007-07-01T07:25:41.303-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Xui</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir la cage aux oiseaux lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air consciencieux quand j’ai entrebâillé ma tête, et laissé entrer… Xui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jour J – 3&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Je travaille au bord du ruisseau, à l’ouest du palais dont les tuiles vernissées dorent au soleil leur jaune impérial. Je travaille au bord du ruisseau à ma dernière création. Le bois à force de ponçages méticuleux est devenu doux comme la joue veloutée d’un enfant endormi. Je travaille au bord du ruisseau où je rince mes outils et trempe mes doigts de pieds : les bulles gigotent entre eux et l’eau riante bondit par-dessus comme un singe des montagnes.&lt;br /&gt;Dans quelques jours je gravirai les marches menant au palais et sous le regard des gardes, la main sur le pushou en serpent de mer, je pousserai solennellement la lourde porte, m’avancerai dans la salle aux murs de fleurs vernies, et comme dans une clairière au beau milieu des colonnes dorées je continuerai vers le trône, m’agenouillerai devant l’empereur, et lui offrirai la tête baissée son nouveau jouet.&lt;br /&gt;Depuis huit ans je suis le créateur de jouets de l’empereur. Depuis sa naissance je mets ma créativité à son service, comme je la mettais avant au service de son père. Depuis ses plus tendres années ma seule mission est de le divertir. Si ce n’est pas la plus jolie mission du monde, d’offrir du bonheur à un enfant !&lt;br /&gt;Je me souviens de tous, absolument tous les jouets que j’ai créés pour Cheng. Six par année, c’est la règle. En huit ans, quarante-huit ; mais c’est comme s’ils étaient plus de cent.  Et je me souviens de tous, du plus petit au plus gros, du plus poétique au plus didactique, du plus précieux au plus ordinaire. J’ai mes préférés bien sûr, parmi tous ces petits bouts de moi...&lt;br /&gt;Comme la machine en nacre qui fait de petits nuages de toutes les formes imaginables, en lapin, en poule, en dragon... et qui devait l’aider à rêver, à s’évader, comme si, en tailleur dans son trône, il était le magicien du ciel.&lt;br /&gt;Comme la fleur de jade qui ne s'ouvrait que lorsqu’on lui disait quelque chose de vrai, pour lui apprendre la valeur de l’honnêteté.&lt;br /&gt;Comme la poupée qui se réchauffait soudain au contact de l’eau salée.  Comme le petit vélo qui chantait lorsque l’on pédalait. Comme le xylophone à parfums ou la couveuse à cocons de monarques.&lt;br /&gt;Tous je les ai conçus des jours durant, dessinés des nuits entières, créés pendant des mois, puis polis, testés, réagencés, caressés, aimés.&lt;br /&gt;Tous. Pour le bonheur de l’empereur. Parce que le sourire d’un enfant est la plus belle des récompenses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et depuis huit ans aussi je récupère de temps à autre des morceaux de mes joujoux par ci par là, qui fracassés sur un bixi, qui écrasés, qui brûlés, qui désossés à petite main nue.&lt;br /&gt;La petite poupée qui le réconfortait quand il pleurait. Le xylophone qui recréait le parfum de sa défunte mère au son de do-ré-mi. Tous, un jour ou l’autre, cassés. Plus aucun papillon qui ne sort de la boîte pour s’envoler vers la vie en beauté éphémère.&lt;br /&gt;Ah, les enfants sont si maladroits. Ah mais c'est tellement joli aussi d'être un enfant, on passe si vite d'une chose à une autre. Alors je récupère les morceaux, et puis c’est tout, c’est la vie. Et suis heureux malgré moi en imaginant que mes créations auront rempli leur mission et le coeur de l’empereur de joie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais dans quelques jours ce sera différent. J’en trépigne d’impatience. Je m’inclinerai devant lui, genou à terre, et le parquet ciré que je regarderai reflètera pour qui veut bien le voir un de mes plus beaux sourires. Car je lui offrirai le jouet le plus merveilleux qui soit. Probablement le seul qui existe au monde. L’aboutissement de toute ma vie. Ma plus belle réussite. Dédiée à son plus grand bonheur.&lt;br /&gt;J’essuie sur la mousse mes pieds que l’eau du ruisseau a rendus gourds et pose tout en enfilant mes chaussures de toile un regard redevable à cette nature qui ne cesse de m’inspirer. Ploc-ploc, fait le ruisseau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jour J&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;L’Empereur saisit son nouveau jouet. Il le regarde avec plaisir et me demande de sa petite voix flûtée :&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que c’est, Xui ? Un casse-tête ?&lt;br /&gt;- C’est bien plus qu’un jouet, votre Majesté.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce alors ?&lt;br /&gt;- Quand vous trouverez la solution du casse-tête, vous ne serez plus jamais triste votre Majesté. Ce jouet-là vous apportera le bonheur éternel.&lt;br /&gt;- Voilà qui est intéressant Xui, et il me sourit avec malice.&lt;br /&gt;Et je me suis retiré.&lt;br /&gt;Quelques minutes plus tard alors que je descendais les marches du palais en me disant que grâce à moi Cheng serait l’enfant puis l’homme le plus heureux du monde, deux gardes m’attrapèrent.&lt;br /&gt;- L’empereur veut te voir, Xui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux de l’enfant étaient haineux. Son visage furibond. Ses poings tant serrés qu’ils en étaient bleus. Mon jouet gisait au pied du trône, sous la sandale pourpre de Cheng.&lt;br /&gt;- Xui, ce jouet est incassable, dit-il la voix en couperet.&lt;br /&gt;- Bien sûr votre Majesté, répondis-je. Je l’ai conçu ainsi. De peur qu’il ne se brise avant que vous ayez accédé au bonheur éternel.&lt;br /&gt;Alors l’enfant empereur a rugi à ses gardes sans cesser de me fixer:&lt;br /&gt;- Emmenez-le. Et demain aux premières lueurs du jour, tuez-le.&lt;br /&gt;- Pourquoi ? ai-je osé demander.&lt;br /&gt;Il a bien réfléchi avant de me donner sa réponse :&lt;br /&gt;- Parce que.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce parce que là n’était pas celui d’un enfant mais celui d’un empereur.&lt;br /&gt;Les gardes qui me tenaient les bras baissaient les yeux. Ils devaient bien savoir eux, qu’aucun de mes jouets n’avait assez vécu pour accomplir sa mission, et que l’enfant empereur les avait tous cassés avant même de les avoir essayés.&lt;br /&gt;Ça me fait toujours sourire, de voir où les notions de puissance et de pouvoir se logent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon successeur a sans doute déjà été désigné. Il commencera probablement demain. Peut-être travaillera-t-il lui aussi au bord du ruisseau. Peut-être y verra-t-il passer ma tête coupée. Des bulles d’air qui gigoteront autour et des petits jets d’eau qui bondiront comme des singes des montagnes. Et les ploc-ploc du ruisseau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-8378667159851308565?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/8378667159851308565/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=8378667159851308565' title='14 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8378667159851308565'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8378667159851308565'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/06/schizo-xui.html' title='Schizo-Xui'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>14</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-2006616697360385143</id><published>2007-06-25T21:18:00.000-07:00</published><updated>2007-06-26T15:17:23.751-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Père Darieux</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir l’opercule d’une bouteille de jus d’orange  lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air religieux quand j’ai entrebâillé ma tête, et laissé entrer… Père Darieux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je n’entrerai plus jamais dans un confessionnal. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Avant je savourais ces moments de vérité et d’humilité, le calme de l’isoloir se remplissant de murmures et de pardon. Je traquais avec émotion la différence entre les pas entrants, lourds, pressés, et les pas sortant, plus légers, plus dansants. Je m’amusais à entendre les petites faiblesses humaines, les colères non maîtrisées et leur sincère regret, les adultères coupables et contrits, les mensonges des uns, les cachotteries des autres, le regret de tous. J’offrais en souriant du temps d’écoute à cette vieille femme qui semblait s’inventer des petits péchés, oh, infimes, juste pour parler. J'entendais les fervents qui culpabilisaient à chaque petit pas dans l’ornière, ceux qui faisaient une grande embardée mais désiraient ardemment retrouver le sentier balisé du Bien. L’enfant qui venait juste dans l’isoloir pour pouffer, balbutier « Mon père, j’ai péché... une truite » avant d’exploser en fou rire et ressortait en courant et en criant à ses copains sur les marches : « Ouais, j’lai fait ! J’suis sûr que toi t’es pas cap’ ! Pas cap’, pas cap’ ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je n’ai jamais aimé ceux qui se confessaient en essayant toujours de s’excuser. Tentant par tous les moyens de minimiser leur péché, lui recherchant des circonstances atténuantes afin de le rendre plus innocent. Mais Dieu pardonnait si le repentir était sincère.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et dans l’infirmerie du Christ, par mon intermédiaire, tous les malades qui le voulaient vraiment guérissaient.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je savourais tous ces instants, conscient de l’importance de la mission qui m’avait été confiée. Jusqu’au jour où est entré un autre genre de pénitent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Mon père, j’ai péché. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Je vous écoute mon fils.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- J’ai trompé la confiance d’une femme. J’ai laissé mourir ses enfants. Un par un. Sans même lever le petit doigt.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Avant même que j’ai pu ouvrir la bouche, la personne s’était enfuie. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Le jour suivant alors que je touchais le chêne de l’isoloir, la même personne s’est assise derrière la grille. J’aurais reconnu sa voix entre mille.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Mon père j’ai péché. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Je vous écoute mon fils.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Aujourd’hui j’ai tué plusieurs innocents. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et le confessionnal s’est soudain vidé. Alors que ma main se crispait sur mon chapelet.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Jour après jour j’apprenais de nouveaux crimes, de nouveaux abus de confiance, de nouveaux « j’ai laissé faire », d’inlassables « J’ai tué des gens qui n’était pas de la même confession que moi », &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;« je&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt; bannis l'homosexualité &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;« j'empêche et maltraite certaines femmes d'avorter &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;», &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;« j'en lapide d'autres pour n'importe quelle raison&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;», &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;une succession infinie des pires péchés qui soient. Juste une énumération.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et toujours la personne fuyait.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il n’y a jamais eu la moindre once de repentir. Et je n’ai jamais eu le temps, ni l’occasion, ni même la volonté je le crois bien, de lui accorder le sacrement de pénitence et de réconciliation. Cette personne se foutait bien d’être pardonnée. Se refusait à toute contrition. Voulait juste que je sache. Ce qui confine à la torture : je suis tenu au secret. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Dieu dans son immense miséricorde pardonne à tous ceux qui montrent un sincère regret. Mais il n’y a jamais eu de regrets énoncés, pas la moindre émotion dans la voix.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Hier je tremblais en rejoignant le confessionnal. La porte à peine refermée j’entendis :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Mon père j’ai péché.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ça n’a jamais été autre chose, jamais « Pardonnez-moi, mon Père, parce que j’ai péché ». Non. Jamais.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- J’ai puni plusieurs milliers de personnes en leur ôtant la vie. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je l’ai arrêté net. C’est un fou. Un mégalomane en puissance. Et un piètre menteur, ce qui m’a rassuré.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Qui croyez vous donc être, pour punir les gens ?, ai-je ironisé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Qui croient-ils que je suis, pour penser que j’en ai le pouvoir ? entendis-je en réponse. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Qui croient-ils donc que je suis pour m’ériger en excuse à la haine ? A qui pensent-ils s’en remettre lorsqu’ils massacrent ? Qui croient-ils honorer par les pires des actions ? Par qui croient-ils être guidés lorsqu'ils commettent l'impensable?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Qui êtes-vous ? murmurai-je &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Je suis une des folies des hommes.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- ... Mais, ai-je chuchoté plein d’espoir, vous êtes aussi amour... ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;- Mais... l’amour, c’est juste l’amour non ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et puis plus rien. La voix s’est tue. Je n’ai pas entendu de pas &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;quitter le confessionnal en &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;martelant les dalles, je n’en ai jamais entendu y entrer. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’ai quitté l’église.&lt;br /&gt;Un enfant s’est élancé vers moi, et tout essoufflé m’a dit : « je suis celui qui est venu dans votre confessionnal la semaine dernière, et j’ai fait cette blague... vous savez, pêcher une truite... »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je lui ai demandé négligemment tout en continuant à marcher : « Et tu veux te confesser ? »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;« Non, je voulais juste m’excuser auprès de vous. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Demain, ma lettre arrivera au diocèse : adressée à l’évêque, elle stipulera juste que dorénavant, je mettrai ma foi en l’homme.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-2006616697360385143?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/2006616697360385143/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=2006616697360385143' title='22 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2006616697360385143'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2006616697360385143'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/06/schizo-pre-darieux.html' title='Schizo-Père Darieux'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>22</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-7445872118061557638</id><published>2007-06-19T20:20:00.000-07:00</published><updated>2007-06-19T20:47:13.869-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Benjamin</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir un annuaire téléphonique lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air talqué quand j’ai entrebâillé ma tête, et laissé entrer… Benjamin.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis né il y a exactement vingt-et-une semaines et trois heures.&lt;br /&gt;Je le sais parce que ça commence aujourd’hui. Parce que ça commence toujours à la vingt-et-unième semaine, et pile trois heures. Toujours. Depuis la nuit des temps. Dans une grotte ou dans un couffin de roseaux, dans un linge râpeux ou dans de la soie, dans un lit douillet ou dans le froid, seul ou dans des bras : pour chaque bébé, ça commence là.&lt;br /&gt;Pour se finir... cela dépend de chacun. Le premier mot intelligible prononcé correspond à la fin à la mission, et par là même à son souvenir. Parfois les enfants se mettent à parler très tard : c’est qu’ils n’ont pas encore trouvé. Qu’ils cherchent encore. Qu’ils s’interrogent.&lt;br /&gt;Chaque bébé a une réponse à trouver.&lt;br /&gt;La mienne est de déterminer le poids des larmes.&lt;br /&gt;Et en cela, sa valeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une larme de joie a-t-elle plus de valeur qu’une larme d’impuissance. Un déluge de rage vaut-il moins qu’une pluie de rire. Combien pèsent les larmes que les humains versent lorsqu’ils dorment, sans même s’en rendre compte le matin, en attribuant à la fatigue les cernes qui leur pochent les yeux plus qu’aux lits creusés dans leur peau par des rivières salées. Y’a-t-il moins de sel dans une larme de souffrance que dans une de crocodile. La larme qu’on retient pèse-t-elle plus lourd que celle qu’on force.&lt;br /&gt;Certaines allègent-elles plus le coeur que d’autres.&lt;br /&gt;Je continuerai à gazouiller pendant des mois et des années s’il le faut. Je ne parlerai que lorsque je saurai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Myriam la fille de la voisine a un an et onze mois et ne dit toujours pas un mot. Depuis seize mois et une semaine elle doit déterminer si les soucis se dissipent pour ceux qui le méritent. Ce que c’est qu’un souci. Et ce qu’est le mérite.&lt;br /&gt;Moi je n’ai que des larmes à peser ; ça ne devrait pas être si compliqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai commencé par regarder. Le vieil homme tout courbé dans la cage d’escalier, celui qui habite sous les combles : la source de ses larmes est tarie. C’est fini, il n’en a plus, comme si elles étaient comptées, un patrimoine de départ et puis c’est tout. Et dans son grand désert le soleil est tant de plomb que cet homme tout ridé dans son pardessus recousu ne peut plus lever la tête et fixe les marches qui ne le mènent nulle part. Je dévisage ma maman qui regarde la photo de mon père tous les soirs, qui en caresse le verre froid, qui pleure en silence et sourit à travers cette pluie en me regardant. Je me tourne vers ma grand-mère qui pleure quand on la quitte et repense à son fils. Son petit de trois ans, mais c’était la guerre. Il faisait froid dans les Flandres. Et la grippe était sans appel. Elle pleure sans pleurer. Comme un réflexe. Avant de se lever pour préparer des frites, qu’elle mange avec un steak.&lt;br /&gt;Je vois cette fille qui pleure de rire dans le bus en se dandinant, faisant des claquettes sur cet instant, avec son amie qui rit aussi spasmodiquement comme pour l’éternité, puis elles descendent du bus.&lt;br /&gt;Et plus je regarde les gens et plus l’humanité frappe à ma porte : tous, loin, près, en toutes circonstances, je les vois, je les entends, je les ressens pleurer ça m’emplit pendant mon sommeil ça me hante lorsque je bois au biberon j’y pense sans cesse je veux la solution.&lt;br /&gt;Mais les mois passent. Je n’ai pas de balance . Je ne peux pas peser la différence.&lt;br /&gt;Il semblerait bien que jamais je ne parle.&lt;br /&gt;C’est pourtant simple : la masse d’une personne avant de pleurer et la masse d’une personne après. C’est mathématique. Et la différence entre une larme de telle nature et une de telle autre me permettra de faire une échelle de valeur.&lt;br /&gt;C’est le chat qui m’a donné la solution, et elle était bien différente de celle que j’aurais imaginée : il s’est lové contre moi dans mon berceau en ronronnant. Je lui ai demandé s’il pleurait de temps à autres. Il m’a répondu non, les animaux ne pleurent pas. Pourquoi ?, ai-je demandé. Parce que nous n’avons pas d’autres buts que de vivre. En cela nous n’avons qu’à attendre que les jours passent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors j’ai tout compris. Les larmes ne sont qu’un trop plein de vie. Elles pèsent pour chacun l’exact poids de ce trop plein. Aucune n’a plus de valeur qu’une autre : elles sont des petits bouts de coeur, d’espoir, de douleur, de bonheur qu’on disperse pour faire un peu de place et en accueillir d’autres. Elles sont le futur de chacun. Et chacun y met autant de poids qu'il en a besoin pour continuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimerais pouvoir dire à ma maman tout ça, et pourquoi aussi les bébés pleurent parfois sans qu’on sache pourquoi : ils ont mangé , ils sont changés, mais ils pleurent parfois sans s’arrêter. C’est parce qu’ils cherchent une solution. Une réponse. Qu’ils ont une mission. Et qu’elle est importante. Alors ils cherchent en eux. Et pleurent pour faire de la place à la suite.&lt;br /&gt;Mais les souvenirs commencent à s’effacer.&lt;br /&gt;Bonne chance Myriam.&lt;br /&gt;C’est flou dans ma tête.&lt;br /&gt;Maman s’approche et je dis : « Chat !».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-7445872118061557638?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/7445872118061557638/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=7445872118061557638' title='16 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7445872118061557638'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7445872118061557638'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/06/schizo-benjamin.html' title='Schizo-Benjamin'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>16</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-737757846393327349</id><published>2007-06-18T23:50:00.000-07:00</published><updated>2007-06-19T15:17:10.186-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Napoléon</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:times new roman;" &gt;Je m’apprêtais à ouvrir une bouteille de cidre lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air corse quand j’ai entrebâillé ma tête, et laissé entrer… Napoléon Bonaparte (rien que ça).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Aujourd’hui j’ai cinquante ans. Et ça m’est bien égal. L’an 1818 a laissé place à l’an 1819, comme la grisaille matinale laisse tous les jours la place au soleil. Les alizés du sud n’ont de cesse de souffler sur mes années comme sur des bougies invisibles qui ne trônent sur aucun gâteau. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ici à Sainte-Hélène, les nuages et des années passent, comme ça, sans que rien ne change vraiment. De toute manière, il est révolu pour moi, le temps des changements. J’ai déjà eu ma part du gâteau : il était moelleux et savoureux comme le temps d’avant, épicé comme une couronne, radieux .&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ayant quitté Longwood tôt ce matin, j’erre sur les crêtes, derrière moi tinte la clochette de Blanchette, qui préfère gambader avec moi, laissant son troupeau bêler derrière ; les tortues géantes que je croise ne s’inclinent pas devant moi, pas plus que le wirebird qui court dans les herbes hautes, ses longues pattes frêles comme des fils de fer. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je marche, Blanchette à mes côtés, grignotant par-ci par-là un buisson épineux, et le ciel est clair comme mes souvenirs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;... 2 ventôse 1796, à la tête d’une armée de 40000 pauvres soldats mal nourris, je roule l’armée autrichienne en surnombre dans la poussière et Beaulieu dans ses larmes de honte. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;... Quelques semaines après l’armée sarde finit à son tour par s’incliner le nez dans la rancoeur et le sang et signe les lèvres serrées l’armistice à Cherasco, jolie petite commune du Piémont si je me souviens bien, et je me souviens bien, je n’ai que cinquante ans après tout. Deux armées colossales battues en 18 jours, dis donc, je ne faisais pas les choses à moitié.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;...1798 : l’armée d’Orient sous mes ordres, la campagne d’Egypte commence. Alexandrie est prise en un seul petit jour, nous remontâmes le Nil, partîmes cinq cent ou plus, arrivâmes à peu près pareil, mettant en déroute les cavaliers mamelouks à Chebreïs, puis de nouveau sur le champ de bataille des pyramides de Gizeh. Je me souviendrai toujours de notre entrée triomphale au Caire... j’évite soigneusement de repenser au léger contretemps britannique, lui préférant mes glorieux combats contre les Turcs, les Syriens, et même les pestiférés, c’est dire, ce dont je me serais bien passé tiens, pas que ça à faire moi de minauder avec des moribonds. Jaffa. Bon, ça a fait un tableau de plus... &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Le vent et la clochette de Blanchette résonnent dans mes souvenirs tandis que l’Atlantique bat les rochers en jouissant de sa force comme je rêve à la mienne... passée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;... 20 brumaire 1799, je deviens Premier Consul après un coup d’état sans états d’âme... &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Les buissons d’épineux bruissent comme des murmures au gré du vent qui les caresse.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;... on m’appelle même “Robespierre à cheval” après l’assassinat du Duc D’Enghien...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Les murmures des feuilles semblent m’applaudir.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;...le 2 frimaire 1804, je me couronne Empereur. Digne et resplendissant héritier de César, de Charlemagne... Mon sacre étale pour l’éternité sa gloire sur dix mètres sur six... avec mon lourd manteau d'hermine, ma couronne de lauriers, le globe de Charlemagne et tout ceci étonnament en digne héritage des valeurs républicaines...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Clochette appuie sa tête contre ma hanche et regarde avec moi l’océan.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;... Je suis devenu à moi seul une institution...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Un papillon fuit la marée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Le grondement du tonnerre interrompt mes pensées.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je me dis que je suis ici, sur cette île de 122 km2, depuis quatre ans. Banni. En me préparant peut-être un cancer de l’estomac, merde.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Certains se souviendront de mes campagnes, de la création du sénat, des lycées, du baccalauréat, du code civil, du code pénal, de la création d’une administration centralisée, des caisses de l’état renflouées. D’autres de mes défaites, des mes assassinats, de tout ce que j’ai fait pour mon propre profit, de mes désirs de gloire, de mes mensonges. D’autres encore de la découverte de la Pierre de Rosette lors de ma campagne d’Egypte, des innombrables tableaux que j’ai commandé, de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, de la colonne Vendôme... et j'en oublie bien sûr (ben oui, on ne peut pas souvenir de tout)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais dans le monde entier et pour des générations encore on connaîtra mon nom, comme tant l’ont déjà scandé et acclamé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais je suis juste là, sur cette île.&lt;br /&gt;A vivre de mes souvenirs de conquête (je vous les ai fait courts hein, parce qu’il serait temps d’arriver à la chute, d’autant qu’elle est pathétique je crois bien).&lt;br /&gt;Et en cet instant précis, alors que je viens de me rassasier à la source virile (ah ben tiens) de mes exploits passés, je m’interroge (ah bon?). Blanchette la chèvre me regarde alors que je soupire, et que je me dis que peut-être, j’aurais préféré être tranquille, en paix avec moi-même, à apprécier la compagnie simple d’une petite chèvre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Que tout aurait été différent si j'avais pu accepter d’avoir une petite bique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;(NDLR : ce texte ne vaut que par les heuuuuures de recherches sur les espèces endémiques de l’île de Sainte-Hélène -vous le saviez, vous, que le wirebird ne vivait que dans cette île??- , et les appellations des mois du calendrier républicain et aussi, bien évidemment, par la synthèse très synthétique de la vie de Napoléon et de sa petite biquette.)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-737757846393327349?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/737757846393327349/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=737757846393327349' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/737757846393327349'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/737757846393327349'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/06/schizo-napolon.html' title='Schizo-Napoléon'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-5996528294952283039</id><published>2007-06-13T20:19:00.001-07:00</published><updated>2007-06-13T20:28:06.433-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Laurine</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:times new roman;" &gt;Je m’apprêtais à ouvrir une bouteille de lait lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air enfantin quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Laurine.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Aujourd’hui je monte au ciel. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Avec mon p’tit caillou.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Hibou, chou, pou, genou.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il l’aura bien voulu. Na, je pars, j’m’en vais.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Tout est sa faute à lui, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il me r’gardait jamais.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’ai sept ans, et alors? &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Pour atteindre le ciel, c’est un bel âge, sept ans.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;L’âge des premiers émois, des tout derniers serments,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Du goût de l’amande douce qu’on découvre en léchant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La colle Cléopâtre. L’âge où tout a du charme,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;L’âge où toute une vie se passe à la récré,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Où les plus beaux pupîtres sont ceux qui sont gravés, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;L’âge où les souvenirs ne durent qu’une larme,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais l’âge où cette larme dure une éternité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;François m’a fait pleurer.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;En se mordant les doigts il se souviendra d’moi,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La fille qui est passée de la terre aux nuages,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La gosse de sept ans aux bons points, aux images,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La gamine trop sage, mais l’enfant aux abois,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;L’amoureuse déçue dans sa jupette à pois.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Comme seule arme, un caillou.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Un tout petit caillou.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il est long, le chemin, pour arriver au ciel.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La vache, elle est immense,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Cette marelle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;En plus, mon truc à moi, c’est la corde à sauter.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Sacré François, bon dieu, t’as intérêt à m’regarder !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-5996528294952283039?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/5996528294952283039/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=5996528294952283039' title='14 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5996528294952283039'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5996528294952283039'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/06/schizo-laurine_13.html' title='Schizo-Laurine'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>14</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-7194356963756578287</id><published>2007-06-07T21:51:00.000-07:00</published><updated>2007-06-08T12:46:12.139-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Lui</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir le boitier d’un DVD lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air confiné quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Lui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Laisse-moi sortir”, hurlai-je en tambourinant à la porte.&lt;br /&gt;“Laisse moi sortir.", répétai-je en regardant mes poings impuissants glisser sur la paroi.&lt;br /&gt;“Laisse-moi sortir bordel.”, chuchotai-je en m’écroulant.&lt;br /&gt;“S’il te plaît.”&lt;br /&gt;“Je ferai ce que tu voudras.”&lt;br /&gt;- “Tu mens.”, entendis-je en réponse comme un deuxième verrou qui grince, le cliquettis des clefs s’éloignant comme le pas d’un bourreau qui attend l’heure sans trop savoir quand elle viendra la garce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis assis. Par terre sur le sale. Comme dans le vide. Recroquevillé comme un foetus dans un bocal de formol. M’étiolant dans les produits chimiques. Me ratatinant dans l’oubli. Dans la haine. La rancune.&lt;br /&gt;- “Laisse-moi sortir et l’Everest ne sera plus qu’un petit tas minuscule dans un bac à sable pour fourmis. Laisse-moi sortir et les nuages seront gonflés de lumière comme des raisins de Californie. Le soleil au zénith embrasera le ciel comme s’il se couchait à chaque seconde. La pluie s’envolera. Je t'offrirai le monde. Laisse-moi sortir.”&lt;br /&gt;- “Ta gueule.” . Et une gamelle de bouillon infect et grumeleux comme une plaie purulente me fut jetée au visage, ses morceaux sur le sol de ma prison, des rats gloutons s’en emparant comme des trésors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Laisse-moi sortir et  chacun de tes réveils résonnera du clairon de l’aventure. Chaque seconde sera délectable. Tu voleras. Laisse-moi sortir.”&lt;br /&gt;On me hurla “Tais-toi”. Une trappe au plafond s’ouvrit et l’on me balança un seau d’excréments qui glissa sur moi comme une horde de cauchemars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les murs commencèrent à bouger. Se rapprochèrent. Le droit sur le gauche. Les rats délaissèrent les restes de soupe immonde et s’enfuirent.&lt;br /&gt;“Laisse-moi sortir. Je t’offrirai des sourires gigantesques à n’en plus finir, une exhaltation permanente, éternelle. Laisse-moi sortir.”&lt;br /&gt;En réponse il n’y eut rien, que les murs continuant leur affolante progression. Et moi cherchant un moyen de m’aplatir pour qu’eux n’en aient pas l’occasion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Laisse-moi sortir. Je ferai bruisser les feuilles des arbres dans tes phares, comme de jolies pièces dorées sous une lumière poussièreuse. Je te donnerai la mer à regarder, les cormorans et leur ballet, un chat qui dort sans se soucier de rien, sans vibrer les oreilles, au paradis. Je te donnerai un sourire dans l’ascenseur, une blague devant la machine à café, un verre offert, un fou rire partagé. Je t’offrirai un pote qui se marie, le bébé d’une amie, sur le tapis vert la noire en finish en deux bandes sans mettre la blanche, un bon livre, un chouette film, une jolie découverte, un sourire au coin d’une rue, une belle plongée, un mauvais rhume qui se finit, des jours qui passent, des projets qui se forment. Laisse-moi sortir.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les murs se figent. Discrètement des pas s’approchent. Cette fois les clefs tintent comme du cristal. La porte s’ouvre dans un rai de lumière qui me brûle les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’épuise quand je suis grand. Petit, je renais à chaque instant. Et les humains après tout ne sont pas dupes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’élance dans la vie. Vous avez déjà vu, vous, un bonheur qui sourit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-7194356963756578287?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/7194356963756578287/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=7194356963756578287' title='19 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7194356963756578287'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7194356963756578287'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/06/schizo-lui.html' title='Schizo-Lui'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>19</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-2429271050736264250</id><published>2007-06-02T17:00:00.000-07:00</published><updated>2007-06-02T17:22:19.271-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Cendrillard</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir le sèche-linge lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air léger de conte de fées quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Cendrillard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6h30, le matin. L’heure où les oiseaux, les plumes encore bouffies de sommeil, entonnent le réveil de la nature.&lt;br /&gt;- “Quoiii ? Ouais, plus tard....” grogne Cendrillard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;9h. Le soleil est déjà haut et Cendrillard se cache les yeux du bras, par flemme d’aller ouvrir les rideaux.&lt;br /&gt;- “Quoiiii !!?? Ouais, je saiiiis, j’vais l’faire !” repond-il d’une voix pateuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10h.&lt;br /&gt;- “Oh cornebistouille z’êtes relou ! j’suis fatigué !” s’excuse Cendrillard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;11h. Cendrillard se lève enfin, descend en calebard de laine, une main sur l’entrejambe. Il regarde le logis rutilant, plus une poussière, et ne comprend pas vraiment pourquoi ses deux soeurs lui jettent des regards noirs et son bol de porridge au mil au visage. Il maugrée en cherchant sa pipe, en se disant que leurs hormones leurs jouent encore des tours de pasbelles. ll rit de sa blague et laisse son bol vide pour aller jouer à la console que la fée Supermarché lui a offert. On est samedi après tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;15h, épuisé d’avoir vaincu le dragon au niveau 13, il s’assoupit comme un prince charmant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;19h. Ses soeurs surexcitées entrent en trombe dans sa chambre en foutoir, sapées comme des princesses. Elles comptent sur lui pour les emmener au bal, comme il l’avait promis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;20h. Cendrillard s’en va rejoindre ses potes à l'auberge. Ses deux soeurs en pleurs décident de se faire une soirée cheminée en se goinfrant de citrouille glacée, pour oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-2429271050736264250?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/2429271050736264250/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=2429271050736264250' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2429271050736264250'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2429271050736264250'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/06/schizo-cendrillard.html' title='Schizo-Cendrillard'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-6917387206549971991</id><published>2007-06-02T05:19:00.000-07:00</published><updated>2007-06-02T05:42:13.634-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Marc-Roberto</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir ma valise lorsqu’à l’intérieur de moi quelques uns ont frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air moite quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Marc et Roberto.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme est tatoué. Un Neptune grimaçant déchaîne les océans sur son dos en sueur et une femme se répand en extase sur le rocher de son omoplate, comme si l’écume de cette nature en furie divine giclait sur elle comme dans un film de cul.&lt;br /&gt;Il est au téléphone, les trous de sa peau vérolée en contact moite avec le combiné; calme et froid dans cette chaleur étouffante; des filets de sueurs ravinant sa tempe. Rangeant son portable dans la poche de son treillis élimé, il se tourne vers moi. Dans un ralenti de cinéma il hausse les épaules comme pour s’excuser de ce contre-temps, et crache par terre. Sa salive échoue parmi les mégots. Et une eau sale continue à s’échapper d’un tuyau rouillé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai rien d’autre à faire donc j’attends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il décapsule une bière et s’affale sur un tabouret bancal. M’en propose une et sourit, comme par évidence, quand je décline du regard.&lt;br /&gt;- “Elle me quitte.” m'avoue-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je cligne des yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Au téléphone, là. Elle m’a quitté. J’lui demande pourquoi et elle me répond “ Tu n’m'as pas demandé pourquoi je t’aimais. Là c’est pareil. Y’a pas plus de raisons.” T’y crois toi?” Une gorgée de bière. “Tu sais qu’le môme c’est même pas l’mien?... un chouette gamin... j’le verrai plus mais c’est pas l’mien tu vois?”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lève les yeux au ciel pour partager son instant d’impuissance. La goutte de sueur sur mon nez me gratte. Je secoue la tête. Elle s’envole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Crois-moi j’aimerais ne pas être ici. Avec toi. Enfermé dans cette histoire. J’fais ça depuis trop longtemps. Pourquoi les histoires nous kidnappent comme ça, les portes qui s’ouvrent sans qu’on le veuille, et qui se r’ferment ? Et nous dans la pièce, coincés comme des porcs qui ne crient qu’à l’intérieur? Tu crois au Paradis ?” Il rit en encaînant avec dégoût “Sûr. L’enfer est déjà sur terre.” Il jette la canette sans la broyer avec son majeur manquant. “Le destin se charge de faire pour nous les choix. J’suis là pour ça, pour que l’destin il s’marre. Il est plus fort que nous. Bien plus fort.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne cille pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“ Tu t’sens libre toi?” Il se lève, je ne bouge pas. “Tu n’vis pas ici toi, y’a des endroits où on est libres ? J’dis ça parce quand ils vont arriver” il regarde sa montre “... ça va barder. Y’a rien de personnel mais ça tu l’sais. Enfin j’te l’dis. Si j’te dis ça, et j’te parle pas d’liberté physique, han han, c’est que tu as dix minutes au max pour creuser un trou dans ta cervelle et y puiser le ressort pour mourir en homme libre. Dis-toi qu’le corps c’est rien”.&lt;br /&gt;Il s’en va humer l’air un peu plus frais au dehors du hangar.&lt;br /&gt;Dans un rai de soleil dans un coin il y a un rat qui passe. Et qui file dans un trou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il revient il me semble moins inconnu. Il s’arrête à quelques pas de moi. Il regarde l’endroit, les vieilles tuyauteries, le béton qui pourrit et les amas de tôles disséminés un peu partout dans ce hangar oublié.&lt;br /&gt;Et le vieux sang, et le sang plus frais sur le sol, en divers endroits. Tests de Rorschar pourpres. Lie de vin foutu. Ou noirs. Sur le sol sale. Du genre qu’est-ce que tu vois ? Je vois mon futur. Je vois les prochaines minutes, heures, qui sait.&lt;br /&gt;Il balaie du regard et du coeur tout ça. Longtemps. Jusqu’à ce qu’une voiture approche. Que le moteur se coupe. Et que j’entende quatre portières claquer.&lt;br /&gt;Il a raison, rien de personnel. Juste un autre type qui de l’argent, du pouvoir, qui en a fait le tour, et qui veut plus, ce que peu peuvent se permettre, ce qui le convaincra d'être l'homme spécial et rare qui aura l'infini pouvoir de se l'autoriser sans états d'âme. Qui va me torturer. Jusqu’au bout. Combien de temps? Et regarder le film. Encore. Jusqu’à ce qu’il en soit las aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que les voix se font plus proches, l’homme au tatouage de Neptune plante son regard dans le mien. Fait trois pas vers moi. Se penche à mon oreille. Et m’y glisse comme dans un râle de vivant “Je vais t’enlever le chatterton de la bouche. Avant qu’ils arrivent. Parce que peut-être tu veux dire quelquechose. Parce que ce sera la dernière fois. Tu sais”. Il a donc enlevé le chatterton, presque doucement.&lt;br /&gt;Et je lui ai juste chuchoté “Tu veux être libre?”&lt;br /&gt;Il m’a répondu “Je ne demande que ça. Tu l’es déjà toi...?”&lt;br /&gt;“Oui” ai-je répondu en souriant, en regardant son Beretta. Il n’a pas semblé comprendre sur le moment.&lt;br /&gt;Alors j’ai juste fermé les yeux. Et ai murmuré “je m’appelle Marc.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai remis le chatterton sur la bouche de Marc. Pour rien. Par habitude. Il avait dit tout ce qu’il avait à dire. Mon boss et ses amis sont maintenant derrière moi.&lt;br /&gt;Mon travail était fini.&lt;br /&gt;Leur jeu allait commencer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement cette fois-ci ce n’est plus une histoire de portes qui enferment. C’est une histoire de clefs. Peu importent les raisons qui nous poussent à ouvrir les portes. Entre le pire qui puisse nous arriver et le pire qu’on pensait, il y a toujours un choix. Deux, dans ce cas-là.&lt;br /&gt;Marco n’a pas ouvert les yeux lorque ma balle s’est logée dans son front. Les poings liés à la chaise, il s’est écroulé dans un sourire de vainqueur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi je ne ferme pas les yeux. Je regarde un rai de soleil, et un rat qui sort de son trou.&lt;br /&gt;Combien de temps avant la détonation ?&lt;br /&gt;J’entends quatre pistolets qui s’arment.&lt;br /&gt;Je m’appelle Roberto. Et la liberté n’est qu’un prélude. J’ai quelques secondes pour la savourer.&lt;br /&gt;Quelques secondes pour y penser.&lt;br /&gt;Y’a pas de rédemption. Le paradis, c’est juste la fin d’l’enfer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-6917387206549971991?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/6917387206549971991/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=6917387206549971991' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6917387206549971991'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6917387206549971991'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/06/schizo-marc-roberto.html' title='Schizo-Marc-Roberto'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-2207361027490902866</id><published>2007-05-12T13:44:00.000-07:00</published><updated>2007-05-12T13:48:00.218-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Estelle</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: times new roman;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir un tube de lubrifiant lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air enthousiaste quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Estelle, qui en a tout de suite profité pour se barrer en Thaïlande.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: times new roman;"&gt;Retour début juin, chers hannibal lecteurs (et -euses)...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-2207361027490902866?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/2207361027490902866/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=2207361027490902866' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2207361027490902866'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2207361027490902866'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/05/schizo-estelle.html' title='Schizo-Estelle'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-2653149125587814407</id><published>2007-05-01T15:29:00.000-07:00</published><updated>2007-05-01T16:55:21.811-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Michaël</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir un tupperware lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air motivé quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Mickaël.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai acheté ce fusil sniper FRF2 spécialement pour l’occas. J’aime l’avoir en main. J’attends avec impatience de m’en servir: il a une portée de 600 à 800 mètres, mais je pense être bien plus près que ça de ma cible. N'empêche, c'est un bel objet.&lt;br /&gt;C’est bête, je ne ferai pourtant pas de mal à une mouche. Je suis contre la chasse. Et tue les moustiques avec un léger mal de coeur coupable.&lt;br /&gt;Mais celui-là je vais le buter. Je vais lui dégommer son égo sur-dimensionné. Je ne vais pas attendre qu’il soit au pouvoir, je vais le “tuer dans l’oeuf pourri”.&lt;br /&gt;J’attends le moment propice. Je suis calme. Je n’ai pas d’états d’âme : les états d’âmes empêchent d’avancer. Je vais tirer sur Barkosy, comme ça ce sera fini, sa tête va exploser dans un bris de verre, je vais jouir probablement, ça va être bon.&lt;br /&gt;J’attends. Il est 19h30. Dans une heure environ je passe à l’action. Je caresse mon fusil, le bois se réchauffe sous ma paume, lui et moi, nous sommes les rois, et on attend. Patiemment.&lt;br /&gt;A 20h27 j’ai ressenti les premiers picotements. J’ai mis ça sur le compte de l’excitation.&lt;br /&gt;A 20h35, en plus de mes mains moites, une goutte de sueur a perlé sur mon front. Et si je m’appêtais à faire une connerie ?&lt;br /&gt;A 20h42 son arrivée a été annoncée, je me suis mis en position, le cache du fusil encore mis pour ne pas qu’un reflet dans la lunette me trahisse (pas con, j’ai vu Léon).&lt;br /&gt;Il s’est avancé à 20h45, les bras en V comme d’habitude, et j’ai eu comme un frisson pré-orgasmique lors que j’ai visé sa tête, et l'ai suivi du regard en m’adaptant à ses mouvements.&lt;br /&gt;Je fais durer l’instant, comme le plus beau des préliminaires.&lt;br /&gt;J’ai pressé mon doigt un peu plus sur la détente.&lt;br /&gt;Le coup est parti.&lt;br /&gt;Son sourire comme un rictus s'est figé à jamais.&lt;br /&gt;L’homme a littéralement explosé.&lt;br /&gt;Et puis plus rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reste là, sans ranger mon sniper FRF2, dans ma chambre. Je ne m’inquiète de rien. J’ai juste un léger sentiment de culpabilité : c’était une belle télé, grosso modo 15000 balles, je me demande si ça valait le coup. Bah, en même temps, par un curieux hasard, je ne captais que TF1.&lt;br /&gt;Bon, ben, faut qu’je nettoie tout ça maintenant.&lt;br /&gt;Je me dirige vers le salon avec un balai.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;Sur une idée originale de L.C.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-2653149125587814407?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/2653149125587814407/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=2653149125587814407' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2653149125587814407'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2653149125587814407'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/05/schizo-michal.html' title='Schizo-Michaël'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-3246644528236092130</id><published>2007-04-26T17:30:00.000-07:00</published><updated>2007-04-27T01:56:22.935-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Séverine</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir un livre lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un tout petit courant d’air quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Séverine.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’ai lu dans ses yeux que ça allait commencer : il les avait flous comme ceux d’un mérou sur la glace du poissonnier; il les avait torves et cruels comme ceux d’un mal-aimé; étincelants d’une fièvre hargneuse; et sombres comme des caveaux sur son visage livide. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Denis quand il boit ne rougit pas, il se vide de son sang. Qui doit bouillir dans ses poings.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’ai fermé doucement la porte de la chambre des petits lorsqu’il claquait derrière lui celle de l’entrée, après être resté un bon moment dans l’encoignure, sur ses jambes arquées, comme un John Wayne titubant, à jauger une situation qu’il va lui même créer.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je l’épie et tâche de faire le moins de bruit possible quand je débarrasse la table du dîner, il reste un peu de purée dans l’assiette du grand, et je lèche mon pouce quand je la pose dans l’évier.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J’ai commencé par percuter le frigidaire et m’effondrer, les jambes en guimauve et la pommette en pleurs rouges. Je me suis appuyée sur le plan de travail en formica que je n’avais même pas fini d’essuyer pour me relever, et redégringolé quelquepart dans le salon. J’ai voulu rester à terre. Et puis j’ai vu la tête de mon pitchoune pointer comme une petite marmotte à la porte de la chambre, alors je lui ai souri, et d’un regard rassurant je l’ai enjoint à regagner son lit en défroissant ma jupe et en me relevant comme si de rien n’était. Mais je suis vite retombée alors que Denis, sa besogne accomplie, se dirigeait vers notre chambre en se frottant le poing droit. Je suis restée là, combien de temps ? Le temps ne comptait plus, le temps était calme, je reprenais des forces.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Puis il y eu comme un flash et un homme s’est approché en volant plus ou moins et m’a proposé de faire un choix. Celui de tout recommencer à zéro. Oui, il en avait le pouvoir. Celui de revenir au moment de ma rencontre avec Denis, et de passer mon chemin. Celui de changer ma vie entière.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ou alors celui de refaire ma vie loin, avec les p’tits, dans une ville agréable. J’ai instantanément su qu’il était hors de question que je laisse mes bouts d’choux. J’ai dit oui pour l’autre vie, celle toute jolie là-bas, avec tous ces tristes souvenirs pour nous mais l’espoir qu’ils s’effaceront. Bon, il faudra que je retrouve un travail, les p’tits devront se faire de nouveaux copains, mais tiens, ils seront peut-être dans une belle école toute colorée, avec des fleurs ? Il m’a répondu oui, la plus belle école dont vous puissiez rêver. J’ai dit oui, oui, oui, comme si je ne pouvais plus m'arrêter. Il m’a dit : réfléchis bien. Parce que ce choix-ci a un léger hic : dans 18 ans, Denis te retrouvera et il te tuera. Ils sont toujours aussi foireux les choix proposés par des hommes volants? Mais j’ai fait un calcul : Mathieu aurait alors 26 ans et Gabriel 23. Ils pourront surmonter ça.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il est hors de question que mes deux enfants ne viennent jamais au monde, que personne n’ait la chance de les connaître ce sont de tellement bons petits, que jamais ils ne prennent ma main, que jamais je ne ramène les draps sous leur menton en les regardant dormir, que jamais je ne berce leur fièvre, que jamais Mathieu n’arbore un sourire de vainqueur en m’offant un pot de yaourt décoré avec des nouilles, dont une qui se décolle pathétiquement, ou que jamais Gabriel ne me ramène ce petit oiseau tombé du nid “maman, on va le sauver hein ?”, en fermant tout doucement sa main pour le réchauffer... Et en même temps quelle enfance auront-ils eu, à entendre la rage hurler et à voir les bleus de leur maman plus souvent qu’un calin de leur père, à fermer leurs petits poings la nuit pour se défendre contre les cauchemars, à pleurer sans que la maîtresse comprenne vraiment pourquoi. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais le flash vacille et s’éteint comme une chandelle et l’homme s’éloigne toujours plus ou moins en volant et il refait tout noir avant que j’aie pû prendre une décision. Il doit être temps de se réveiller. Allez, temps d’ouvrir les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Cette fois-ci je vais porter plainte.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ouvrir les yeux. Et mettre un pull, il fait froid.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Oui, porter plainte et ce sera fini.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ouvrir les yeux d’abord. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Pourquoi ils ne s’ouvrent pas ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-3246644528236092130?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/3246644528236092130/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=3246644528236092130' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/3246644528236092130'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/3246644528236092130'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/04/schizo-sverine.html' title='Schizo-Séverine'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-6827045755461470479</id><published>2007-04-16T23:38:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:29:05.639-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Dr Brevier</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir les persiennes lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air aseptisé quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Dr Brevier.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Lavande ? C’est étrange comme prénom”, dit avec la voix guillerette d’une guillotine le chef du service de psychiatrie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Appelez-moi Docteur Brevier”, répondis-je avec autant d’entrain.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Et bien, Doc, bienvenue. Emma va vous montrer l’établissement. Je vous saurais gré de vous attarder un peu sur ce cas sur lequel on bute depuis deux mois, vous n’avez pas pu manquer ce patient en arrivant, c’est le rouquin à la bobine de hobbit qui bat ses coudes comme pour s’envoler en faisant cot cot cot. J’attends votre diagnostic. Et ne revenez-pas avec pour seule analyse une désynchronisation épipho-catatonique, c’est évident qu’il lui manque le symptôme de l’introversion chronique scandatoire, plutôt rédhibitoire, ha ha, vous en conviendrez. Allez hop, au boulot !”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Après quelques pas dans les couloirs avec Emma, j’invite notre ami gallinacé à répondre à quelques unes de mes questions. Il semblerait qu’entre ses battements de bras et ses pets qu’il égrène comme des fientes, il ne puisse caqueter que “Coupez moi la tête, alouette, et je volerai quand même !” en ébouriffant les poils de son aisselle avec son nez tordu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Il a été trouvé comme ça, en pleine campagne... Après quelques tours dans les villages alentours, personne n’a pu l’identifier. Pourtant, il a l’accent du coin” me dit Emma avec le sien qu’on couperait bien au couteau parce qu’il est plein comme un bon gateau.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Bon”, dis-je en prenant mon manteau qui mériterait qu’on le recouse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Emma me court après à petits pas... “Vous allez où?... c’est l’heure de déjeuner il est midi...”  “Je suis une psychiatre de terrain moi, pas de cafétéria... Vous venez avec moi Emma, je vous offre une petite prune...”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;J’ai demandé à Emma quel était le petit troquet favori de tous les villages et lieux dits des alentours. On s’est assises à une petite table dans un coin. Emma a siroté sa prune, et raconté sa vie pendant que je tendais l’oreille. Pas bien longtemps.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;-    "T’as vu Guitoune et Gégé ?" a demandé un gros homme aux mains de géants.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;-    "Nan."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;-    "Ha ha, z’ont rencart avec une poule ???"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;-    "Tais-toi va, c’est pas des trucs pour rigoler."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Dling dling... la cloche de la vieille porte d’entrée résonne : le gros range ses mains de géant dans ses poches tandis que le petit allume nerveusement son clope. Deux hommes entrent comme des ombres et s’accoudent au comptoir comme des vautours.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Quand nous retournons à la voiture le petit me rattrappe avec son mégot :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “J’vous ai vu tantôt à l’hosto, vous êtes toubib ?” me demande-t-il en roulant des yeux.&lt;br /&gt;Je réponds “Oui, c’est mal ?” et il dit “Non, tant mieux, je venais aux nouvelles...”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Pourquoi êtes-vous parti... de l'hôpital ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “J’suis pas trop à l’aise... Il va r’dev’nir normal, enfin, comme avant le p’tit Pierrot ?”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Je ne sais pas. Vous aimeriez ?”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Ben c’t’un bon gars.” s’écoute-t-il dire en baissant les yeux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Vous habitez-loin? Non? parce que voyez-vous, Emma que voilà et moi, on n’serait pas contre une p’tite prune, hein Emma, ou un p’tit ratafia... Vous avez ça ?”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Ben v’nez toujours, on va regarder...”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Et une fois qu’il a ouvert sa porte il n’a plus fermé sa bouche.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;L’histoire est la suivante.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;C’était un de ces soirs au troquet où les coeurs des hommes s’ennuyaient tandis que les arbres au dehors battaient au vent comme des fouets. Guitoune et Gégé refaisaient un monde de merde alors que Pierrot les écoutait dans son coin, le p’tit Pierrot avec son sourire, l’fiston du grand Nanard qu’avait les vignes. Pas très futé l’Pierrot, mais n’a quand même écopé des vignes à la mort de son père. C’est l’patron de Guitoune maintenant. Enfin, on ne sait pas très bien qui va reprendre les rênes, mainteant que le p'tiot est complètement zinzin... Bref, toujours est-il que ce soir là, Pierrot était sur son trente-et-un, la mèche bien de côté et les ongles tout propres.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Ben l’Pierrot, tu brilles, qu’est k’t’arrives?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Et Pierrot a rougi de plaisir en répondant à Guitoune “J’ai rendez-vous avec une dame.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “T’as rendez-vous avec une dame ? Ha ha, l’Pierrot, z’avez entendu ?? Une dâââme ! Hé hé, une poule, nôt’ Pierrot a rencart avec une poule ! he he, tu nous l’amènes, on va la faire chanter nous !!”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Bonsoir”, a dit Pierrot, et il est parti.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Et puis Guitoune et Gégé ont continué à se foutre de Pierrot l’dégénéré, qu’a une case en moins, moitié neuneu, moitié humain.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Et ce type qui me parle là, devant un ratafia, à la fermeture du p'tit troquet il a suivi le Gégé et l’Guitoune. Il les a vu s’approcher de la maison du père de Pierrot. Il les a vu regarder Pierrot et son amie dans la maison, au coin du feu, à se sourire. C’était Julie la fille de la boulangère, et ses douces joues roses. Pas des flèches ces deux là mais des lances de tendresse dans les yeux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Il les a vu entrer dans la maison, il les a vu jeter Pierrot par terre, empoigner la p’tite Julie par les cheveux comme des campagnols dans leurs serres de rapaces, crier “Alors, c’est elle la poule?!!”, hurler “Nous aussi on aime les poules, allez, chante chante, j’suis ton coq haaaaa!”.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le type qui me parle peint à la brosse ce tableau de violence, Pierrot qui pleure et qui se tord par terre sans comprendre, et Guitoune qui viole et claque et les bleus et les plaies partout sur la fille et les yeux de Gégé qui lancent des éclairs troubles de mauvais vin quand tous les deux ils mettent la petite en sang sur l’appuie-fenêtre et “Vas-y la poule allez, bats des ailles !! allez !!! sauve ta peau bats des ailes envole toiiii” et la p’tite traumatisée qui bat ses bras comme si ça allait la sauver.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Emma ne boit plus son ratafia depuis longtemps.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le vieux qui parle a des poches de larmes et de regrets sous les yeux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le Gégé et le Guitoune l’ont enterrée dans les bois, pendant que Pierrot avait quitté ce monde et se faisait dessus en criant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;“Vers 4 heures du matin, j’lai ai vus revenir mettre le  Pierrot dans la voiture, ils l’ont laissé dans la campagne.” Le type qui nous dit ça n’a plus de salive.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je lui demande “Et le reste du village n’a rien entendu? Et aux alentours personne n’a reconnu Pierrot sur les photos?”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Il baisse les yeux et les perd dans l’enfer qu’il s’est ouvert.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Quand j’ai poussé les portes du service psychiatrique j’entendais des sirènes de police au loin, dans le brouillard et les non-dits des champs, dans les courants d’air silencieux des foyers et de leurs bouches cousues. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je suis allée voir Pierrot et en m’agenouillant devant lui, je lui ai dit :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Pierrot ?”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Coupez moi la tête, alouette, et je volerai quand même ! Coupez-moi la tête, alouette, ....”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Tu sais bien que tu ne voleras pas. Julie elle non plus ne pouvait pas voler. Tu sais pourquoi ?”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Il s’est arrêté de battre des coudes à l’évocation de Julie. Il me lance un ragard interrogateur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “ Parce que tu n’es pas une poule.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- Il me dit : “Je sais. Et Julie non plus. Et de toute manière les poules ne volent pas loin.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je lui dis oui, tu as raison.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le chef du service de psychiatrie s’approche de nous alors que j’emmène Pierrot s’assoir un peu à l’écart, et me glisse à l’oreille :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Alors, comment ça va dans le poulailler ?”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- “Demandez aux renards.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-6827045755461470479?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/6827045755461470479/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=6827045755461470479' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6827045755461470479'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6827045755461470479'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/04/schizo-dr-brevier.html' title='Schizo-Dr Brevier'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-4460412066106872961</id><published>2007-04-14T16:46:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:30:00.241-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Sandra</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir la grille du vieil ascenseur lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air trop calme quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Sandra.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Aujourd’hui c’est le grand jour ! Je me suis imaginée la cérémonie des centaines de fois mais c’est vrai qu’on n’est pas à l’abri d’une petite surprise par ci par là, c’est la vie, c’est comme ça.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Ma coiffeuse-maquilleuse positionne merveilleusement mes cheveux, et cale d’un doigt professionnel une jolie mèche d'un blond doré sur ma tempe pour finir en boucle sous mon menton . Elle m’a maquillée simplement, juste un peu de rose sur les joues, une touche de gloss sur mes lèvres et un peu de parme sur mes paupières. Simplicité et pureté, de toute manière je vais déjà être au centre de l’attention, je ne voulais pas en rajouter. Un léger parfum floral et hop, je vais pouvoir me glisser dans du satin blanc.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je suis un peu inquiète je n’ai pas envoyé moi-même les invitations j’espère que mes parents n’ont pas fait d’impairs et que personne n’ira jouer les trouble-fête je veux vraiment que tout soit im-pe-ccable.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Monique me dit en me faisant une rapide manucure “Et bien dis-donc, tu t’en es rongé des ongles ma belle ces derniers temps !”.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Oui, c’est vrai que j’ai été un peu stressée, qui ne le serait pas, mais dans l’histoire j’ai perdu quelques kilos et enfin retrouvé ma taille de guêpe, bref, je me sens au top.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Dans quelques heures ça va commencer. Maman s’approche de moi et félicite Monique en caressant mon front “Vous avez été parfaite, elle est très belle...” et sa phrase se finit en un petit hoquet et elle quitte la pièce avec une émotion mal contenue. Papa aussi probablement sera très ému, je l’imagine même pleurer un peu, pas trop, mais vous savez, c’est quand même de sa fifille qu’il s’agit. Il ne pourra pas s’empêcher de continuer à me voir comme une enfant c’est fou ça et à se souvenir de mes petites guiboles sur ses épaules et comme je m’accrochais à son cou, ou le premier jour d’école ou quand j’ai eu mon bac.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La pièce est remplie de fleurs. C’est un peu gâché finalement parce qu’ils ne pourront pas toutes les ramener à la maison, mais bon, tant pis, c’est le destin des fleurs de rendre juste un instant le monde joli.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le discours du prêtre est très bien, ça parle de nouvelle vie et tout, du classique. Mais bien. C’est mon frère qui est revenu exprès de Los Angelès qui s’approche du micro pour son oraison à sa soeurette :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;“Elle n’en a toujours fait qu’à sa tête”, commence-t-il en soupirant, puis il s’arrête et avale sa salive, on dirait qu’elle est un bloc de pierre tellement ça fait du bruit.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;“Elle n’en a toujours fait qu’à sa tête (je ris, c’est bien vrai), elle a toujours clamé que le choix est un droit (vrai aussi), j’ai toujours respecté les siens (ouais euh, tu mens un chouille là, je me rappelle bien que tu m’avais interdit de partir à moto avec “ce loubard qui s’drogue, Sandra, regarde moi bien : tu n’iras pas”) mais là... là... je... c’est au-dessus de mes forces je ne te pardonnerai jamais d’avoir fait celui-là” (quoi ???? Qu’est-ce qu’il dit là ???).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Il s’accroche au pupitre et regarde bien plus loin que la salle et les gens et continue alors que mon père s’approche de lui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;“Jamais”, répète-t-il alors que l’assemblée commence à gesticuler. C’est le problème du jet-lag probablement, il a intérêt à se reprendre parce que là, ça craint, il gâche mon moment.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;“T’es qu’une sale petite égoïste de merde Sandra, tu le sais ça ?” Mon père le prend dans ses bras mais il le repousse et continue en pleurant : “Je regrette de t’aimer. Et papa et maman ne s’en remettront jamais. Voilà ce que tu as fait.”.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le prêtre rattrape un peu le coup mais je fais moins la maligne quand un par un les gens suivent mon père et ma mère (mon frère a quitté la chapelle) et s’approchent de mon cercueil ouvert.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je me demande si en définitive je n’ai pas fait une boulette.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-4460412066106872961?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/4460412066106872961/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=4460412066106872961' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/4460412066106872961'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/4460412066106872961'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/04/schizo-sandra.html' title='Schizo-Sandra'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-5632703104412284082</id><published>2007-04-12T22:12:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:30:23.961-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Nounours</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: times new roman;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une boîte de haricots filandreux en conserve lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air calin quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Nounours.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains pensent que j’ai un poil dans la main à rester au lit toute la journée mais faut pas croire, l’attente, c’est un boulot à plein temps.&lt;br /&gt;Et puis je ne suis plus le fringant ours en peluche d’avant qui faisait de la voltige sur le dos du chien, qui dansait comme un p’tit fou sur une musique des Forbans et qui draguait Barbie “ouh, que vous êtes zolie Madame” “Vous aussi Môssieur Nounours, vous me plaisez bien plus que Ken” (comme quoi les enfants s’attachent plus à la beauté intérieure qu’aux sourires de winners et aux cabriolets), ce temps là est bien fini, et je ne suis pas mécontent d’avoir un peu de répit.&lt;br /&gt;Quand j’ai quitté mes frères jumeaux et mon étagère de chez Joujou©, je me suis lancé à corps perdu dans 15 années d’amour comme on part à la guerre. En attendant les blessures.&lt;br /&gt;Aujourd’hui je ne compte plus les cicatrices : oreille gauche, papatte gauche, un oeil en moins, museau, dos, ventre, et même une sous ma petite queue.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, en vétéran, j’attends ma pension de tendresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors ce matin quand elle m’a sorti du lit et jeté dessous, en poussant du pied ma patte qui dépassait, je me suis dit y’a plus d’respect.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand tout à l'heure j’ai entendu en écho de son petit rire flûté un rire masculin, je m’suis dit ça y’est, j’suis bon pour le grenier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand un caleçon a atterri à coté de moi, j’ai eu envie de crier “mais non, grandis pas trop vite!”. Mais ma voix n’aurait pas porté assez loin dans son monde parallèle, elle était hors du temps. Les humains ont cette chance là de gagner parfois quelques secondes d’éternité. Je sais cela parce que nous les nounours sommes omniscients.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors j’ai mis ces quelques minutes à profit pour revoir en flash le film de ma vie, du berceau où je veillais sur son sommeil à ses larmes sur moi quand elle me chuchotait “il est trop con mon père, on va partir très loin toi et moi, na”. Et quand elle me cachait sous son manteau pour m’emmener à l’école, ni vu ni connu j’t’embrouille maman “Aurore, sort Nounours de ton anorak” “ Nounours ???”. Et quand elle me lançait de rage contre le mur et puis courait me relever et me prendre dans ses bras “pardon pardon, j’suis qu’une méchante”.&lt;br /&gt;Et quand sa joue était toute douce et qu’une mèche de ses cheveux me chatouillait le museau.&lt;br /&gt;Quand elle rêvait et me serrait plus fort en s’accrochant à moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis sous le lit à attendre qu’il parte.&lt;br /&gt;Je suis sous le lit à attendre qu’elle m’y oublie.&lt;br /&gt;Je ne partagerai pas ses quinze prochaines années. Elle n’a plus besoin de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ouh là là, qu’est-ce qu’elle fait là, elle me prend ???&lt;br /&gt;Elle m’assied sur ses genoux ???&lt;br /&gt;Ouh elle va me dire quelquechose elle va me dire “désolée, terminus Nounours” elle va me dire “c’est la vie, c’est comme ça” elle va me dire “j’y peux rien j’suis une grande maintenant” elle va me dire “adieu.” Adieu et puis c’est tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;“Nounours, si t’étais un homme, j’suis sûre que tu aurais une plus grosse bite que Nathan. Quel louzeuuuur !”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et on s’est endormi. Elle, moi, ses bras dans mes pattes et ma tête sous sa joue, et je crois bien que ma petite cicatrice à l’oreille souriait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-5632703104412284082?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/5632703104412284082/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=5632703104412284082' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5632703104412284082'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5632703104412284082'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/04/schizo-nounours.html' title='Schizo-Nounours'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-6598847823118348707</id><published>2007-04-09T17:02:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:30:46.228-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Lulu</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: times new roman;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir les yeux lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air marin quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Lulu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis sur cette falaise et les cendres que je disperse résonnent dans l’air comme des rires d'avant. Tous ces petits bouts de carbone qui s’envolent je les suis du regard dans le vent et à mesure qu’ils volent plus loin mes souvenirs eux reviennent plus près : ses mains potelées qui déchirent le papier brillant à son troisième Noël, le bolduc dans ses cheveux comme une couronne et son sourire comme un roi, ou quand il m’offrait en vrac tout son train électrique “ Tiens, prends-le, comme ça tu ne pleureras plus ” après que papa m’a administré la fessée de ma vie pour lui avoir dit  “ T’es con.”&lt;br /&gt;Je me perds dans cette douceur oubliée de fraternité, me souviens quand je le protégeais, il était alors en 6ème “ Tu touches à mon frère je vais te faire regretter d’être né avec des couilles ”, le genre de phrase qui claque comme une giffle de la part d’un gros dur de 3ème. Personne ne touchait à mon frère. Personne.&lt;br /&gt;Les capotes qu’il me volait plus tard, “prends-en plus”, et je lui en refilais trois avec un clin d’oeil. Les “ T’inquiètes, ça restera entre nous ”. Les “ Putain tu fais chier ”.&lt;br /&gt;Et puis quand la police a appelé. C’est malheureux de mourir à 24 ans.&lt;br /&gt;Il n’y a plus de cendres dans l’urne, et je quitte la falaise en laissant aux poissons le droit de nager dans mes souvenirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une promeneuse s’approche de moi, elle est grande dans son pull a grosses mailles, le vent fouette, et je découvrirai qu’elle est plus jeune qu’elle n’en a l’air, que c’est la vie qui a courbé ses épaules et terni ses yeux. Elle m’invite à prendre une tasse de café si je veux, elle habite juste en bas, si ça me fait plaisir on pourra parler, ou seulement boire un café ? Bien sûr j’accepte et derrière le voile de la tasse fumante je m’épanche un peu, je parle de mon frangin, quand même il était con, les concours de gobage de Flamby ou de branlette, oh pardon !&lt;br /&gt;Elle me dit qu’elle a perdu son fils. J’ai hâte de rentrer chez moi, pas envie de m’extraire de mes souvenirs.&lt;br /&gt;Je la quitte en pensant au masque du Clochard de Disney qu’il portait au carnaval, et au poisson rouge qu’il a “pêché” à la kermesse”. “ Mais? les poissons, ils ne peuvent pas vivre dans la sciure??” “ T’es bête ! Allez, lance ta canne et essaie d’attraper le p’tit crochet là !”  “ Jeune homme vous avez gagné un poisson rouge. Choisissez celui que vous voulez.” “ Waaaah, j’veux c’ui là, qu’a la nageoire cassée! ”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demain je ne sais pas ou j’irai, je prendrai le ferry peut-être, et j’irai déverser les cendres de ma mère dans la baie. Elle aura eu une longue agonie mais d’un filet de voix sous oxygène elle m’aura quand même chuchoté “sois heureux, tu es la meilleure chose qui me soit arrivé.” avant que les battements de son coeur ne fassent plus qu’une ligne droite sur l’écran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La semaine prochaine je remplirai à nouveau l’urne. Cette fois-ci, ce sera mon paternel. Un homme rude mais le fond du coeur dans de la barbe à papa. Peut-être que quelqu’un me proposera un café, qui sait?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi je n’ai pas de famille, je n’en ai jamais eu.&lt;br /&gt;Alors ça me fait du bien parfois d’avoir une vie à penser, à pleurer. J'triche pas, je crée.&lt;br /&gt;Eh, j'avais pas une soeur aussi des fois ? Si, et c'était ma jumelle...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-6598847823118348707?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/6598847823118348707/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=6598847823118348707' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6598847823118348707'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/6598847823118348707'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/04/schizo-lulu.html' title='Schizo-Lulu'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-5152029891917844690</id><published>2007-04-07T16:17:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:31:18.336-07:00</updated><title type='text'>Schizo-John</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;Je m’apprêtais à ouvrir le pot de confiture lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air d’avant quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… John.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’avais six ans, Père m’a surpris dans la grange avec ces huit chatons qu’une vieille chatte avait mis au monde et puis elle était morte.&lt;br /&gt;“Je vais leur chercher du lait, Père”&lt;br /&gt;“Bien sûr que non. Tu vas faire ton premier geste d’homme.”&lt;br /&gt;J’ai pleuré en jetant un par un leurs petits corps sur le mur en pierre. À celui qui bougeait encore, je n’avais pas dû le lancer assez fort, mon père a écrasé la tête avec sa botte en cuir. Après j’ai nettoyé, “ça va attirer la vermine” avait dit Père en partant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’ai eu treize ans il y a eu cette jument de trait qu’un tendon enflé faisait boiter. Elle n’était plus toute jeune et peinait lors du labour. Salomon, l’homme qui la dirigeait, avait une tendresse particulière pour elle et quand Père les regardait tous les deux, Salomon poussait un peu plus pour aider la jument baie, pour qu’elle boîte moins, pour que Père n’ait pas à me tendre le fusil un soir. Du repos, et quelques cataplasmes, c’est tout ce qui lui fallait. Ce soir-là le soleil qui se couchait sur la Louisiane a sali les nuages d’un rouge sang.&lt;br /&gt;Quand Père une main sur l’épaule m’a dit “ Bien. Voilà ce qu’un homme doit faire.”, je regardais le champ où le maïs bientôt pousserait grace à elle, et grace à Salomon qui s’éloignait en pleurant, les épaules courbées comme si elles allaient choir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’avais quinze ans Père m’a fait venir avec lui au village nègre. Le soleil était levé et ce vieil homme restait couché, il tremblait de fièvre. Il aurait déjà dû être à la plantation.&lt;br /&gt;“Conduis-toi en homme” m’a dit mon père en me tendant le fouet.&lt;br /&gt;Je l’ai fouetté le moins fort possible mais avec de grands gestes pour que mon père ne s’aperçoive de rien et ne décide pas de finir le travail à ma place. Le moins fort possible mais quand il s’est dirigé vers le champ de coton en titubant, du sang perlait sous sa chemise sale. Père a sourit de fierté en me regardant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vingt ans je me suis aussi conduit en homme. Et puis après, toujours en homme. Dans l’immense demeure de Père, je buvais du Whisky avec des hommes, je riais avec des hommes.&lt;br /&gt;“ Que ce serait beau la Louisiane sans tous ces nègres !”&lt;br /&gt;“ Ha ha, quand même, s’il n’y avait pas les nègres, qui cultiverait nos champs ??”&lt;br /&gt;“Ha ha ! passe-moi la bouteille Bill.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vingt-cinq ans j’étais à la gin-house pour peser les paniers de coton des esclaves. En théorie en dessous du poids il y avait sanction. Je trichais en notant la pesée sur le carnet et les hommes et les femmes arrêtaient de trembler et leurs yeux se baissaient, ces yeux-là n’avaient plus la force de dire merci. Je les regardais s’en retourner vers le village quand j’ai entendu des cris. Je me suis précipité et j’ai vu cette petite fille qui hurlait, protégée par les bras de sa mère. Un homme, le visage en sang, regardait mon père à terre, le poing tuméfié, qui s’était ridiculement coincé la cheville dans un trou du chemin. Il était rouge de rage et en sueur de haine. Son fusil était quelques mètres plus loin, il l’avait perdu lors de sa chute. Père m’a regardé et m’a dit “Prends le fusil Fils”.&lt;br /&gt;Alors j’ai pris le fusil.&lt;br /&gt;Posé le doigt sur la détente.&lt;br /&gt;Regardé l’homme, sa femme et la petite fille.&lt;br /&gt;Et visé Père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il pleurait de surprise et son pantalon s’est souillé, j’ai senti cette odeur ammoniaquée de la peur et je lui ai dit “Conduis-toi en homme Père”.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-5152029891917844690?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/5152029891917844690/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=5152029891917844690' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5152029891917844690'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/5152029891917844690'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/04/schizo-john.html' title='Schizo-John'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-7556012255998091978</id><published>2007-04-04T22:41:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:32:11.364-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Jeanne</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir les rideaux lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air chlorophyllé quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Jeanne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Quand j’ai vu qu’il était là, je n’ai pas laissé mon coeur bondir, mes épaules se rentrer et mon regard se baisser comme si les fientes de pigeons sur l’asphalte étaient les plus passionnantes du monde. Non, cette fois-ci, je me suis dit, j’ai 14 ans, je suis une femme maintenant et plus rien ne me fait peur (si, un peu les araignées quand même, et les gros chiens, mais surtout pas les mecs). Je suis Jeanne, la tigresse mangeuse d’hommes. Quand je vais raconter ça aux copines…!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Alors j’ai cambré les reins, sorti mes p’tits seins, dégainé mon regard de braise, et je me suis approchée, en le regardant droit dans les yeux, j'ai amorcé un sourire maîtrisé, bouche fermée pour qu’il ne voit pas mes bagues, en plus je suis sûre d'avoir un morcau de croissant coincé dedans et je l’ai frôlé en le dépassant d’une démarche Angélinajoliesque. J’ai bien senti son regard appuyer dans mon dos, ça si c’est pas une flèche d’amour je me…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Ohh non, pas ça…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le sol se rapproche de moi j’ai l’impression qu’il n’y a rien que je puisse faire, même battre des bras n’y changerait rien, sauf me donner l’attitude grotesque d’un coquelet de Bresse qui essaie d’échapper au chaponnage.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Il doit bien y avoir quelquechose à faire pour finir en beauté, il faudrait qu’au moins je me casse une jambe il pourrait m’emmener à l’hosto, il me prendrait dans ses bras je poserais ma tête dans le creux de son épaule et il regarderait mes larmes en pensant “qu’elle est belle et courageuse”  zut, j’suis quand même godiche qu’est ce que je vais raconter aux copines ? merde en plus faudrait pas que je me casse une dent papa vient de perdre son boulot c’est vraiment pas le moment. De toute manière je suis une plaie pour mes parents il faudrait que je meure comme ça tout le monde serait bien content….&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Mon genou se plie, j’essaie de me retourner dans ma chute en plus pas question de mettre mes mains en avant le sol est jonché de crottes berk, c’est dégueu… Mon dieu que je suis ridicule et avec ma chance ses copains vont se pointer et celui qui est roux là il va éclater de rire il ne sait faire que ça se foutre des gens en plus il est nul en maths…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;ça y’est plus que 10 centimètres et sans intervention divine ou alien je vais m’étaler comme une vache à l’abattoir en plus je vais avoir des bleus partout, ça va se voir à la piscine j’inventerai un truc genre je me suis fait agresser. Ah bon??? Mais quand??? Oh, tu sais, je n’ai pas trop envie d’en parler, j’espère juste ne pas être enceinte, dirai-je avec des hoquets dans la voix en me jetant dans les bras de Mathilde. Quoi, tu t’es fait violer ??? ben oui, mais, sniff, ça aurait pu être pire sniff, j’te jure ils voulaient me tuer… mais ils m’ont trouvée mignonne alors… Ouais, ça tient la route, j e m’attirerai la sympathie, même de la part du groupe de filles un peu dark ça va les faire triper ça, ouah, c’est pas mal je la tiens mon histoire… Sauf que lui il va peut-être le dire à tout le monde que je me suis juste écrasée comme un vulgaire Concorde, oh non, il ne ferait pas ça à la femme qu'il aime, ce sera notre petit secret.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le sol est à 3 cm à vue de nez, bon 2 cm j’ai un long nez, y’a plus rien à faire, ça y’est c’est la fin je devrais me suicider comme ma tante la vie ne vaut vraiment pas le coup…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Bammm. Outch. Tiens, ça va, j’ai pas si mal que ça. Je vais feindre un peu, il s’approchera de moi et je ferai comme si c’était mon dernier soupir je lui dirai dans un râle “dis-à ma mère que je suis désolée d’avoir piqué dans son porte-monnaie pour m’acheter des clopes”, non, c’est nul ça, je chuchoterai un truc énigmatique “Et dire que je venais juste de découvrir que…” et je fermerai les yeux en m'évanouissant sous la douleur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;3 minutes après je suis toujours au sol, plus ou moins en me tortillant comme un ver de terre pour bien montrer que j’ai mal, et dis-donc il est lent quand même mon sauveur. C’est parce qu’il est sous le choc, il a eu tellement peur pour moi, tellement peur de me perdre…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;5 minutes après je dis “oui oui, tout va bien, merci” à une grosse dame qui dit “ça va, tu n’as rien, ben dis-donc, c’est une sacrée chute que tu a fait, t’es sûre t’as mal nulle-part? et je me relève avec une moue “tout va bien, je vous assure merci madame”.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je me retourne.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Il est parti.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Mince, il ne m’a même pas vue tomber.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Connard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-7556012255998091978?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/7556012255998091978/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=7556012255998091978' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7556012255998091978'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/7556012255998091978'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/04/schizo-jeanne.html' title='Schizo-Jeanne'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-8996849407812922235</id><published>2007-04-02T22:41:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:33:54.387-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Roger</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je m’apprêtais à ouvrir une enveloppe lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air paisible quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Roger.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais content dans le tribunal quand le verdict a été rendu : 6 d’entre eux ont écopé de la peine maximale.&lt;br /&gt;A la sortie, des journalistes attendaient; je ne suis plus capable de rien dire bien sûr mais je pense qu’ils savaient déjà tout ce qu’il y avait à savoir. Moi, je souriais juste, mais ça me peinait un peu de sentir que je bavais sans pouvoir rien faire. Je me sentais un peu fatigué aussi, j’aurais bien fait une petite sieste dans mon fauteuil roulant. Je me suis dit que je n’achèterai pas le journal demain pour m’y voir en photo, parce que je ne dois pas être joli à voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a trois ans je me suis retrouvé à faire ce travail, dans un laboratoire. Je ne suis pas chercheur moi, pas scientifique pour un sou même, mon truc c’est d’écouter les oiseaux. Je reconnais leurs chants, la bergeronette des ruisseaux, la mésange bleue et la nonnette, la fauvette à lunette ou l’hirondelle rousseline. Mais bon, dans ce labo, je n’ai pas eu besoin d’être un génie, on ne me demandait que de faire le ménage; ça je sais faire, j’ai fait ça toute ma vie, un peu partout. Donc j’ai signé une clause de confidentialité et toutes les nuits, j’ai fait le ménage. Et le sol, et les paillasses, et les abords des cages. Il n’y avait pas de chants d’oiseaux, c’était trop silencieux, je n’entendais que des bruits de paille, parfois, et des petits cris.&lt;br /&gt;Au bout de deux mois j’ai commencé à perdre l’appetit, et à ne plus pouvoir dormir quand je rentrais chez moi.&lt;br /&gt;Au bout de 4 mois je faisais le ménage comme un zombie, avec des bouchons dans les oreilles, et en fixant le sol, sans dévier mon regard, mais ça ne m’empêchait pas de voir quelques traces de sang par terre, et partout.&lt;br /&gt;Au bout de 6 mois je gerbais tout le temps.&lt;br /&gt;Alors j’ai décidé qu’il était temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au lieu de rentrer chez moi un jour, au petit matin, j’ai attendu qu’un chercheur arrive. Et je lui ai demandé si je ne pouvais pas lui être utile des fois.&lt;br /&gt;Comment pourriez-vous m’être utile?&lt;br /&gt;C’est vrai qu’en un coup d’oeil on peut bien voir que je ne suis pas Einstein. Mais je lui ai dit j’ai un corps, et je vous l’offre. Il a éclaté de rire. Je lui ai dit que j’étais sérieux. Mais il est parti. Je lui ai dit je peux signer une décharge si vous voulez.&lt;br /&gt;Je l’ai attendu tous les matins pendant 1 mois. Et je lui ai répété la même chose.&lt;br /&gt;Un jour il m’a regardé, calmement, puis il m’a demandé : “Pourquoi feriez-vous ça?”  moi : “Les raisons importent peu. Mais je veux le faire. Vous savez Monsieur, moi, à mon âge, je n’ai plus rien à perdre.” Lui, derrière ses lunettes : “Le problème voyez-vous c’est que vous allez me déconcentrer, moi et mon équipe, vous allez avoir peur parfois, puis mal, puis vous allez hurler, dire que non vous avez changé d’avis, etc”. Moi : “Vous n’avez qu’à me couper la langue”.&lt;br /&gt;J’ai signé une décharge et il m’a coupé la langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 3 premières semaines ça a juste été une privation de sommeil et puis des décharges électriques. Ne me demandez pas pourquoi mais il notait plein de trucs et faisait des analyses.&lt;br /&gt;Après il m’a fait pourrir l’oeil gauche en y versant des produits à intervalles réguliers.&lt;br /&gt;Petit à petit, tout le groupe de scientifiques s’est mis à tester des trucs sur moi. L’ouverture de ma boîte cranienne et les choses qu’ils ont rivées dans ma cervelle ont été plutôt douloureuses.&lt;br /&gt;Plus tard ils ont ouvert mon flanc, et en maintenant le trou béant, ils faisaient des prélèvements sur les aliments digérés.&lt;br /&gt;Puis ils m’ont tapé pour savoir si je générais des tumeurs sous les coups.&lt;br /&gt;Un jour l’un a demandé à l’autre : “Il est sous quoi là ?”  “Oh, un traitement au diflufenzopyr à 98%” Ils appellent ça “traitement”. “Ah, c’est pour ça les lésions cutanées, les nodules lymphatiques et les atteintes à la moëlle osseuse, au foie, à la rate et aux reins…”&lt;br /&gt;Quand ils ont déclencé des crises d’épilepsie, j’étais rivé à une chaise et de mon oeil droit je regardais le petit singe aux 15 tumeurs et à la boîte cranienne défoncée en train de mourir dans la cage près de la mienne.&lt;br /&gt;Tout n’était pas noir, une jeune scientifique fraîchement arrivée était très tendre avec moi, elle me passait un chiffon humide sur les tempes en me parlant gentiment. J’étais plus calme après quand il me fallait respirer l’inhalateur à fumée pendant 10 jours, que ça pique quand même et on étouffe et mon dieu y’a des fois je préfèrerais être mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus de deux ans après que j’ai mis le pied dans cette cage, cette jeune scientifique n’a pas tenu. Elle a été tout raconter. Quel scandale, vous imaginez.&lt;br /&gt;Au procès l’un des scientifiques à montré la décharge que j’avais signée. Mais ça n’a pas influencé le jury, qui a pensé qu’on n’avait pas le droit de torturer un être humain.&lt;br /&gt;L’avocat de la défense a dit que c’était pour la science, que c’était capital.&lt;br /&gt;Le jury a quand même pensé, non, non, rien à faire, sur un humain c’est un crime. Allez hop, perpet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En rentrant je retrouverai mon compagnon de souffrance, un beagle tout recousu de partout, celui qui était à côté du petit singe en lambeaux. On m’a permis de le garder. Il ne peut plus bien marcher ni faire grand chose mais moi non plus alors… tant pis, on n’ira pas très loin ensemble. Mais on a déjà été si loin qu’on est juste heureux de profiter des secondes qui passent gentiment sans faire mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis dehors, dans la ville, le tribunal et les journalistes et tout derrière.&lt;br /&gt;Et j’entends une grive musicienne. On dirait qu’elle chante pour moi.&lt;br /&gt;Pourtant on n’en voit jamais en ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-8996849407812922235?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/8996849407812922235/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=8996849407812922235' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8996849407812922235'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/8996849407812922235'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/04/schizo-roger.html' title='Schizo-Roger'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-2429571772434165531</id><published>2007-03-30T20:55:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:34:28.921-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Sabine</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;Je m’apprêtais à ouvrir mon frigo lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air qui sent bon la Soupline  quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Sabine.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je suis pieds-nus sur un tapis en laine de Mérinos, j’aime assez quand les petits brins se coincent dans mes orteils, tiens je devrais faire mes ongles, avec ce joli verni jaune Chanel que Carole a découvert. Mais non. Devant moi la planche à repasser attend mes caresses avec une impatience passive et sur ma droite dans son parc, mon petit bonhomme babilleur prend un plaisir certain à sucer l’oreille de son lapin vert. Le deuxième téléphone a sonné.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- Humm ouiii, ai-je répondu d’une voix sensuelle&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Mince, y’a pas d’eau dans le fer à repasser. Je me dirige vers la cuisine, en jetant un coup d’oeil souriant à Arthur qui tend sa main potelée pour saisir un gros hochet… C’est merveilleux, il se redresse déjà on dirait que demain il va marcher…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- Tout, absolument tout ce que tu veux…  je suis ta pouliche, ahh tu m’excites déjà, pervers… Mets tes éperons et en selle !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;C’est incroyable la tonne de linge que j’ai. Je coince le combiné entre ma joue et mon épaule gauche et m’empare de la petite grenouillère bleue, mon dieu, il grandit si vite que dans 5 jours je pourrai la donner à la Croix Rouge. Carole dit que c’est trop dommage, un si joli habit, et que quand même Philippe, même s’il n’est pas souvent là il s’en occupe bien de son fils avec sa Gold. Que c’est ça qui compte, Georges est pareil de toute façon, ils ont besoin de leur liberté, dit-elle souvent avec un sourire dans lequel je n’arrive pas à percevoir la moindre trace de jugement.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- … hummm, ooooh, nue, offerte, j’attends que tu m’enfourches…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Quelle heure est-il ? Repassant consciencieusement, je regarde rapidement la pendule en chêne qui trône au mur, cette pendule je la maudis, comment a-t-elle fait pour s'inviter chez moi, elle ressemble tellement à la mère de mon mari, froide, claquant ses aiguilles comme une langue habituée à donner des ordres, et sonnant la fin d'une heure comme celle d'une conversation quand on sonne un valet "une aspirine Grégoire!, merci d'être passée me voir Sabine..." Tout dans les points de suspension, comme une lâcheté habituée à ce qu'on ne la remarque pas..&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- Oh oui, tu en as une grosse, énooorme… oui, je me frotte, écoute… Ahhh ahhh, Ohhhhh mon dieuuuuuuuu mon étalon, c’est si booooon, ahhh, ahhh, ahhhh, aaaaaaaaaaaaah ! crie-je en pliant un bavoir tandis que je frotte le combiné contre mes cheveux, criiiic, ça sonne comme des poils pubiens ou des draps froissés par la luxure.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je regarde Arthur qui s'est endormi comme si tout au-dessus de lui s'étalait une voie lactée protectrice et me dit que ça va être bien agréable pour nous deux d'aller tout à l’heure voir les canards dans le parc.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- Jouis ! Ouiiiiiiiiii, jouis, c'est gros comme un cheval.... OHHHHHHHHH !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Cling.&lt;br /&gt;Au bout du fil l'interlocuteur a raccroché.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Je repose le combiné en pensant que tiens, c'est très ensoleillé, et qu'Arthur va devoir porter son bob, celui  d'un vert-pomme assorti à sa petite salopette, il est si mignon là-dedans.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Au téléphone il n'y a pas de gros, il n'y a pas de laid, pas de pervers suant leurs fantasmes, non, il n'y a que de l'argent. Je parle à des robots.  J'y mets autant d'entrain que pour faire une mayonnaise.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Pourquoi je fais ça ? Parce que ça m'aide, et que c'est facile.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Jamais personne n’a eu besoin d’un p’tit sou en plus par ci par là ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Non?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Donc tout le monde a refusé l’héritage de Papa, les étrennes de Mamie, et la pièce de 5 franc chaque dimanche dans la tirelire ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le jour où j’ai eu besoin d’argent, de mon propre argent et pas celui de la Gold de Philippe, je me suis dit que ce serait bien dommage si le sexe ne faisait vendre que les gels-douche, les mauvais scénarios, les chansons de Pierre Perret et les concerts de Christina Aguilera.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le sexe, il fait vendre le sexe aussi, il ne faudrait pas l’oublier.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Vandel demandait innocemment aux actrices porno si dans le métier, il fallait coucher pour réussir. Très innocemment (!) elle répondaient en riant, nooon !, c’est un milieu très sain.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Moi, de ma personne, je ne donne que mon oreille. Et vous seriez surpris de savoir combien ça me rapporte. Et ça me ferait bien rire de voir un de leurs visages, aux Carole et autres, s’ils l’apprenaient.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Un jour, sans s’en apercevoir, mon mari et sa mère au mécanisme pendulaire des vieilles familles se demanderont tiens, où est Sabine, où est Arthur ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Et nous on sera aussi loin qu’on peut pour être mieux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Le téléphone normal a sonné. C'est mon mari, Philippe.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;- Allô chéri ?... Non, bien sûr je comprends… pas de problème, je le ferai réchauffer… Du poulet basquaise, comme tu aimes…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-2429571772434165531?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/2429571772434165531/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=2429571772434165531' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2429571772434165531'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2429571772434165531'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/03/schizo-sabine.html' title='Schizo-Sabine'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6043899488391222291.post-2154870871739590462</id><published>2007-03-29T03:19:00.000-07:00</published><updated>2007-04-25T14:35:22.417-07:00</updated><title type='text'>Schizo-Marcus</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;Je m’apprêtais à ouvrir ma porte lorsqu’à l’intérieur de moi quelqu’un a frappé. Ça a fait comme un grand courant d’air douceâtre quand j’ai entrebaillé ma tête, et laissé entrer… Marcus.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en ai marre de ces murs. Je regrette le papier peint jauni mais fleuri de ma maison. Je suis si seul dans cette prison que j'ai bien le temps de penser. A tout, à rien, comme quand on prend un bain, sauf que le robinet ne déverse que de la solitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me demande si ma mère fait toujours ses tartelettes aux groseilles, si elle répond toujours d'une petite voix anxieuse au téléphone, comme si à chaque fois qu'elle décrochait quelqu'un allait la battre, si elle récupère toujours les allumettes brûlées pour au cas où, mais il n'y a pas de cas où, elle avait juste pris les habitudes de la guerre, bien avant, ou si elle range toujours ses bas bouci-boula, même quand ils étaient filés elle les lavait puis les mettait dans son tiroir à bas. Je me suis toujours demandé pourquoi puisqu'elle ne les portait plus jamais après. Je n’ai jamais posé la question. Après tout, cela ne me regardait pas. Elle non plus ne m’a jamais demandé pourquoi j’adorais dormir avec cette petite autruche rose qui faisait coin-coin comme un canard. Pourtant la réponse aurait été simple : parce que c’était elle qui me l’avait donnée, et qu’on jouait ensemble, juste tous les deux, quand j’étais enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis que je suis dans cette cellule, je me demande aussi ce qui s’est passé pour que ma mère se sépare de moi. Pourquoi du jour au lendemain elle n’a plus été là. Pourquoi. Mais finalement le pourquoi je m’en fiche bien, tous les jours je sais qu’elle va arriver. Elle va dire me voilà, elle va dire comment ça va toi, elle va dire je regrette de ne t’avoir rien dit, je suis juste partie en voyage, elle va dire pardonne moi, viens, on rentre.&lt;br /&gt;Et tout sera oublié, et l’on gambadera ensemble comme avant, comme quand j’étais plus petit.&lt;br /&gt;Mais tous les jours elle n’est pas là. D’autres gens viennent me voir, mais ils passent vite leur chemin, ils évitent mes yeux comme si ça les brûlait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis je ne suis pas dupe, on dirait que je sens ce qui va arriver. Elle a l’air nauséabond d’un couloir de la mort cette petite allée. Quand même, qu’est-ce qui se passe là-bas, au bout de la route, après la porte ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est mon copain de la cellule d’à-côté qui m’a mis au parfum : il m’a dit là-bas, au bout, et bien il n’y a plus rien.&lt;br /&gt;Je lui ai dit plus rien comme quoi ?&lt;br /&gt;Il m’a regardé : plus rien comme une écuelle vide.&lt;br /&gt;Ah ? j’ai dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a continué pendant que d’autres gens passaient sans nous voir.&lt;br /&gt;Il m’a posé des questions du genre est-ce que ta mère elle courait ? Ben oui, avant, parfois, mais c’est vrai que ces derniers temps, elle allait à petit pas, comme si c'était trop dur de porter ses frêles kilos. Et il m’a demandé aussi si elle prenait des p’tites pillules, peut-être même qu’elle avait une p’tite boîte pour les mettre? Ah oui, je me souviens, une petite boîte en plastique vert, toute simple, trop simple, avec des p’tits bonbons, pour tous les moments de la journée. Ce sont des médicaments m’a-t-il dit. C'est pour les gens qui sont malades. Il m’a aussi dit dis-donc, quand tu l’as vu pour la dernière fois, elle était pas sur un lit portatif, avec des gens autour ? Ah oui, tiens, ça me revient… c'est bizarre que j'aie oublié, c’est un peu après que des gens m’ont emmené pour une balade. Même que j'ai remué la queue, on ne se refait pas, pourtant j'avais un peu mal partout quand ils m'ont porté dans le camion. Quand elle partie je savais bien que ce n'était pas l'heure de la balade, pas de laisse, et en plein milieu de la nuit elle avait passé un coup de téléphone. Je me demande maintenant comment elle avait réussi, elle paraissait si faible.&lt;br /&gt;Et alors ?&lt;br /&gt;Et après des gens sont venus, et maintenant je suis là, j'ai dit. C'est tout.&lt;br /&gt;Et ce p'tit bâtard il a rit, un peu en toussant, et il m'a dit comme si je n'étais qu'un con : ta mère, elle est clamsée. Et bientôt c'est ton tour. Tout vieux comme ça personne ne voudra de toi, non mais regarde-toi, tes poils sont comme un vieux tapis, c'est l'heure des encombrants mon pote.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est là que j'ai compris qu'elle ne reviendrait pas. Qu'elle ne reviendrait plus. Ni demain, ni dans mille ans. Que c'était fini les petites tartelettes à la groseille qui sentaient bon jusque dans mon museau, les p'tits tours en ville et les p'tits calins et les je t'aime avant de se coucher. Tout ça c'est bien fini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai plus de larmes pour pleurer sur le sort qu’on m’a jeté. Plus de force pour relancer les dés. Je suis juste là, à tourner, en caressant les murs qui me protègent de mon avenir, pour le peu que je m'en soucie.&lt;br /&gt;Les gens qui passent, c’est moi qui ne les vois même plus.&lt;br /&gt;Mon copain de la cellule d’à-côté m’a dit vieux, demain, c’est l’grand jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour où je serai piqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ça va c'est demain. J'ai encore le temps de pleurer, une patte sur les yeux, en me souvenant que ça ressemblait bien à un rêve toutes ces années. Et qu'avec un peu de chance, je vais la retrouver.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6043899488391222291-2154870871739590462?l=folieabaldaquin.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/feeds/2154870871739590462/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6043899488391222291&amp;postID=2154870871739590462' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2154870871739590462'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6043899488391222291/posts/default/2154870871739590462'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://folieabaldaquin.blogspot.com/2007/03/schizo-marcus_4971.html' title='Schizo-Marcus'/><author><name>Schizozote</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02610400975100923234</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry></feed>
